Au secours Ségolène revient !

23 août 2019

Toulouse accueille les Verts et les Insoumis dès cette semaine

 

Europe-écologie-Les Verts organise son université d'été dans la Ville rose du 22 au 24 août à l'université Toulouse Jean-Jaurès. Ces 34e Journées d'été, «écoconçues, écocompensées, écosolidaires, etc.» qui «sont l'occasion de mettre en œuvre les principes de l'écologie concrète» interviennent après le succès obtenu lors des élections européennes de mai dernier. Yannick Jadot a obtenu 13,48 % des voix, 21 % à Toulouse, ce qui en fait la 2e force politique derrière LREM dans la capitale d'Occitanie. Parmi les invités, Aymeric Caron, les anciennes ministres Delphine Batho et Cécile Duflot, Allain Bougrain-Dubourg mais aussi le député LFI, François Ruffin, le haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, ou Ingrid Levavasseur, figure des Gilets jaunes.

Quelles alliances aux municipales ?

Si plusieurs plénières seront consacrées à l'Europe (Europe : l'heure du sursaut et du choix entre écologie et barbarie), à la nature ou au climat (Plus chaud.e.s que le climat ? Et maintenant ?), certaines (De nouveaux enjeux pour l'écologie politique, Le temps de l'écologie municipale) doivent clairement dessiner une stratégie politique pour les prochaines municipales. Plus question pour beaucoup de Verts d'être les supplétifs de majorités de gauche et plus particulièrement du PS. Ainsi, à Paris, les Verts – jusqu'à présent membres de la majorité de gauche de la socialiste Anne Hidalgo – se disent en capacité de gouverner la capitale. Reste à définir quelles alliances sont possibles. Yannick Jadot, qui évoquait une possible alliance «pragmatique» avec les maires de droite adoptant des positions écologistes, s'est fait recadrer fin juillet par le secrétaire général d'EELV, David Cormand. Ce dernier a fermé la porte à ce type d'alliances, estimant que «quand on est de droite, c'est qu'on a une vision globale de la société qui est incompatible avec ce que nous défendons».


La France insoumise

Après deux éditions à Marseille, fief électoral de Jean-Luc Mélenchon, l'université de la France insoumise, qui s'intitule «Les AMFiS», se tient cette année à Toulouse du 22 au 25 août, au centre de congrès Pierre-Baudis. «Un changement de lieu qui fait écho à la volonté de La France insoumise de faire tourner la responsabilité de l'organisation de cet événement dans les différentes villes d'implantation du mouvement. Le choix s'est porté sur Toulouse où de nombreuses initiatives structurantes ont été réalisées depuis la création de notre mouvement», explique LFI. Toulouse est aussi la ville qui lui a souvent offert de bons scores, dont le meilleur à la présidentielle de 2017.

Thierry Ardisson en invité surprise

Outre de nouveaux ateliers et nouvelles conférence, «un village associatif et militant accueillera de nombreux stands du mouvement, d'associations, d'organisations non-gouvernementales et de partis internationaux», précise la France insoumise. Le rendez-vous sera marqué par un invité inattendu : l'animateur et producteur Thierry Ardisson, récemment débarqué de C8 par Vincent Bolloré. Royaliste revendiqué, il doit parler culture à la télévision, alors que le gouvernement doit présenter en octobre son projet de loi de réforme de l'audiovisuel public. Cette université d'été est aussi, et surtout, le premier grand rendez-vous après le score décevant du parti aux élections européennes (6,31 % pour la liste de Manon Aubry) et les vives critiques sur son fonctionnement interne qui se sont soldées par plusieurs départs de figures historiques. L'université d'ét

  é doit donc être l'occasion de rebondir, de préparer les prochaines élections municipales et la riposte au gouvernement sur plusieurs sujets majeurs (privatisation d'Aéroports de Paris, réforme des retraites).

Deux figures des Gilets jaunes, Jérôme Rodrigues et François Boulo, devraient intervenir lors de ces «AMFiS» tandis que Jean-Luc Mélenchon, de retour d'une tournée en Amérique latine, va fixer les orientations du mouvement en conclusion.

Philippe Rioux Ph. R.

 

 

 

Municipales à Paris : la co

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22 août 2019

 

Jean-Luc Mélenchon ne sera pas à l’université d’été de La France insoumise

 

LE SCAN POLITIQUE - Les universités d'été de La France insoumise débuteront à Toulouse, ce jeudi, sans Jean-Luc Mélenchon. Actuellement au Mexique, le chef des Insoumis doit rencontrer l’ancien président brésilien Lula dans sa prison, le 5 septembre.

Le patron des Insoumis prolonge son séjour en Amérique latine. Après avoir notamment rencontré le président mexicain Andrés Manuel López Obrador (AMLO) en juillet, Jean-Luc Mélenchon doit rendre visite à l’ancien président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva dans sa prison au Brésil, le 5 septembre. Étant encore au Mexique, le député des Bouches-du-Rhône a donc choisi de ne pas revenir en France pour être présent à l’université d’été de La France insoumise (LFI), qui débute ce jeudi. «Je ne pourrai pas participer aux amphis d’été de Toulouse cette année, a-t-il annoncé sur son compte Facebook. Les Insoumis vont me manquer. Mais ils devinent que mes raisons sont fortes et politiques.»

S’il pense être «de retour pour le début de la session parlementaire», Jean-Luc Mélenchon prévoit donc de rester de l’autre côté de l’Atlantique quelques jours encore, pour une rencontre qui lui tient à cœur. «Lula est aujourd’hui le cas le plus célèbre dans le monde de lawfare, cette méthode d’instrumentalisation de la justice pour éliminer un adversaire politique, juge-t-il dans sa publication. C’est pour moi un devoir politique et personnel d’aller lui dire de vive voix notre soutien.» L’ancien président brésilien purge actuellement une peine de huit ans et dix mois de réclusion pour corruption, et est emprisonné à Curitiba, au Brésil.

Deux jours avant de le rencontrer le 5 septembre, Jean-Luc Mélenchon doit par ailleurs recevoir «le diplôme de docteur honoris causa» dans une «grande université argentine», a-t-il précisé. Deux raisons, donc, de manquer la rentrée de LFI et d’annuler sa conférence prévue vendredi. «Je sais que ce sera un bon cru», a-t-il toutefois assuré.

 

 

 

 

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21 août 2019

De Mélenchon à Le Pen : des «Poutinôlatres» à gauche comme à droite

Depuis son accession au pouvoir il y a vingt ans, les relations se sont singulièrement compliquées entre Paris le maître du Kremlin. Sauf chez certains ténors, qui ne cachent pas leur admiration.

Le dirigeant contemporain que Vladimir Poutine admire le plus? Jacques Chirac. C'est dans un entretien au Financial Times, en marge du sommet du G20, en juin dernier, que le « tsar » du Kremlin a fait cette surprenante confession. En 2015, il avait déjà salué l'ancien président français pour son refus, en 2003, de s'engager dans la guerre américaine en Irak.

Toutefois, les relations entre Paris et Moscou sont plutôt comparables à… des montagnes russes depuis la prise de pouvoir il y a vingt ans de Poutine. Après Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy s'est montré plutôt critique vis-à-vis de Moscou. Grand défenseur de l'unité de la Géorgie, le chef de l'Etat avait condamné, en 2008, la décision de la Russie de soutenir l'autonomie de l'Ossétie du sud. De nouveau à la tête de la droite, Nicolas Sarkozy s'était pris d'une soudaine affection pour Poutine. Le 9 juin dernier, l'ancien président de la République, invité de la Chambre de commerce franco-russe, n'a pas manqué d'échanger avec le maître du Kremlin.

François Hollande, lui, a affiché sa « fermeté » contre Moscou durant tout son quinquennat. Une présidence marquée par l'annexion de la Crimée par Poutine, la guerre du Donbass, à l'est de l'Ukraine… Et ce, dans un contexte d'intensification du conflit syrien au sein duquel les Occidentaux, dont la France, s'opposent à Damas, allié de la Russie…

Antiaméricanisme et lutte contre l'islam radical

Le président russe n'a jamais laissé indifférent la classe politique française. Apprécié d'une partie de la droite pour son autoritarisme et son combat contre l'islam radical, Vladimir Poutine est aussi goûté, du côté de la gauche radicale, pour son antiaméricanisme.

Parmi les « poutinolâtres », François Fillon a sans doute été l'un des hommes politiques les plus proches de Vladimir Poutine. Après avoir quitté Matignon, le candidat LR à la présidentielle de 2017 était même allé jusqu'à prôner un « accord historique d'association. » La droite classique compte aussi des fans parmi Philippe de Villiers qui avait rêvé d'un Puy-du-Fou en Crimée, l'ancien député LR (devenu eurodéputé du Rassemblement national) Thierry Mariani, ou encore Jacques Myard, ancien parlementaire UMP et maire de Maisons-Laffitte (Yvelines).

Mais doutant de plus en plus de la proximité des Républicains avec Moscou, c'est avec le RN (ex FN) et ses dirigeants que Poutine a tissé des liens de plus en plus forts. Jusqu'à inciter Marine Le Pen à y chercher des financements pour sa campagne. « Je ne cache pas que, dans une certaine mesure, j'admire Vladimir Poutine », avait ainsi déclaré Marine Le Pen en 2011 à un quotidien moscovite. Jean-Luc Mélenchon détonne à gauche par sa défense du président russe. Le leader des Insoumis a toujours félicité les Russes pour leur engagement contre Daech. Et il avait été relativement pondéré au moment de l'annexion de la Crimée par la Russie et lors de la guerre en Ukraine.

 

 

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20 août 2019

De Mélenchon à Le Pen : des «Poutinôlatres» à gauche comme à droite

Depuis son accession au pouvoir il y a vingt ans, les relations se sont singulièrement compliquées entre Paris le maître du Kremlin. Sauf chez certains ténors, qui ne cachent pas leur admiration.

Le dirigeant contemporain que Vladimir Poutine admire le plus? Jacques Chirac. C'est dans un entretien au Financial Times, en marge du sommet du G20, en juin dernier, que le « tsar » du Kremlin a fait cette surprenante confession. En 2015, il avait déjà salué l'ancien président français pour son refus, en 2003, de s'engager dans la guerre américaine en Irak.

Toutefois, les relations entre Paris et Moscou sont plutôt comparables à… des montagnes russes depuis la prise de pouvoir il y a vingt ans de Poutine. Après Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy s'est montré plutôt critique vis-à-vis de Moscou. Grand défenseur de l'unité de la Géorgie, le chef de l'Etat avait condamné, en 2008, la décision de la Russie de soutenir l'autonomie de l'Ossétie du sud. De nouveau à la tête de la droite, Nicolas Sarkozy s'était pris d'une soudaine affection pour Poutine. Le 9 juin dernier, l'ancien président de la République, invité de la Chambre de commerce franco-russe, n'a pas manqué d'échanger avec le maître du Kremlin.

François Hollande, lui, a affiché sa « fermeté » contre Moscou durant tout son quinquennat. Une présidence marquée par l'annexion de la Crimée par Poutine, la guerre du Donbass, à l'est de l'Ukraine… Et ce, dans un contexte d'intensification du conflit syrien au sein duquel les Occidentaux, dont la France, s'opposent à Damas, allié de la Russie…

Antiaméricanisme et lutte contre l'islam radical

Le président russe n'a jamais laissé indifférent la classe politique française. Apprécié d'une partie de la droite pour son autoritarisme et son combat contre l'islam radical, Vladimir Poutine est aussi goûté, du côté de la gauche radicale, pour son antiaméricanisme.

Parmi les « poutinolâtres », François Fillon a sans doute été l'un des hommes politiques les plus proches de Vladimir Poutine. Après avoir quitté Matignon, le candidat LR à la présidentielle de 2017 était même allé jusqu'à prôner un « accord historique d'association. » La droite classique compte aussi des fans parmi Philippe de Villiers qui avait rêvé d'un Puy-du-Fou en Crimée, l'ancien député LR (devenu eurodéputé du Rassemblement national) Thierry Mariani, ou encore Jacques Myard, ancien parlementaire UMP et maire de Maisons-Laffitte (Yvelines).

Mais doutant de plus en plus de la proximité des Républicains avec Moscou, c'est avec le RN (ex FN) et ses dirigeants que Poutine a tissé des liens de plus en plus forts. Jusqu'à inciter Marine Le Pen à y chercher des financements pour sa campagne. « Je ne cache pas que, dans une certaine mesure, j'admire Vladimir Poutine », avait ainsi déclaré Marine Le Pen en 2011 à un quotidien moscovite. Jean-Luc Mélenchon détonne à gauche par sa défense du président russe. Le leader des Insoumis a toujours félicité les Russes pour leur engagement contre Daech. Et il avait été relativement pondéré au moment de l'annexion de la Crimée par la Russie et lors de la guerre en Ukraine.

 

 

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19 août 2019

Européennes décevantes et correctionnelle, Mélenchon dans une ornière

 

Élections européennes ratées, initiatives à gauche qui le marginalisent, auxquelles s’est ajouté jeudi un renvoi en correctionnelle pour les perquisitions houleuses d’octobre: le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon apparaît, à l’approche de la trêve estivale, dans une ornière.

Il avait pourtant souhaité, dimanche, devant ses militants réunis en assemblée représentative, se projeter sur la présidentielle de 2022, montrant en creux son désir d’oublier une année compliquée.

Mais la révélation jeudi de son renvoi en correctionnelle les 19 et 20 septembre à Bobigny pour actes d’intimidation contre l’autorité judiciaire, rébellion et provocation - au côté de cinq proches dont deux députés -, vient le replonger dans de mauvais souvenirs.

La séquence très médiatisée de sa colère - «La République c’est moi» - face aux perquisitions chez lui et au siège de LFI le 16 octobre, dans le cadre d’enquêtes préliminaires sur les comptes de campagne de 2017 et sur les conditions d’emploi d’assistants d’eurodéputés, avait accentué son image de personnalité conflictuelle.

Chaque étape des diverses procédures «va remettre 100 balles dans la machine de la mémoire collective», prédit un ancien insoumis sous couvert d’anonymat. Conjugué à la fin de non-recevoir par M. Mélenchon dimanche des critiques internes, «cela dépeint une parodie de dictateur, entre caractère éruptif et oukazes», poursuit cette source.

La séquence des perquisitions est «venue briser» l’intention de Jean-Luc Mélenchon «qui commençait à ce moment précis à se mettre dans la position d’homme sage de François Mitterrand, pour être une valeur refuge pour les gens qui à gauche continuent de voter», analyse pour sa part David Cormand, secrétaire national d’EELV.

La direction de LFI n’a pas prévu d’expression publique, en dehors des réseaux sociaux. Jean-Luc Mélenchon a tweeté: «Perquisitions. La boucle police/justice/médias continue. +L’Express+ avait publié illégalement des PV d’auditions. Maintenant il annonce que nous serons convoqués en correctionnelle en septembre. La justice pensera sans doute à nous informer nous aussi. Si +L’Express+ le permet».

Une rhétorique «Nous contre le monde entier» qui montre que depuis plusieurs mois, «c’est en train de se crisper» chez LFI, avance un ex-cadre insoumis, parti à l’occasion des tensions ayant émaillé la vie du mouvement. Même si, souligne-t-il en référence aux perquisitions dans une quinzaine de locaux, «il est vrai que Jean-Luc Mélenchon a affronté un truc très violent».

- Hégémonie perdue -

Tandis qu’il «s’est fâché avec toute la place de Paris», dixit une figure insoumise, le reste de la gauche s’organise pour la suite, y compris dans son camp. La députée LFI Clémentine Autain tient dimanche un meeting pour un «big bang» de la gauche politique, associative et culturelle, au cirque Romanès. Sont attendus le patron de la CGT Philippe Martinez, le porte-parole du NPA Olivier Besancenot ou encore Guillaume Balas, le coordinateur pour Benoît Hamon de Générations.

Cet «archipel» de gauche viendrait, s’il se constituait, bel et bien disputer l’espace de la gauche radicale à Jean-Luc Mélenchon, qui lui tente plutôt de l’élargir via la stratégie populiste.

Le député insoumis François Ruffin a de son côté confié au Point jeudi: «En 2022, il n’est pas évident que notre famille politique doive absolument présenter un candidat. Les choses ont changé: LFI n’est plus hégémonique à gauche.» «Je m’inscris dans la démarche du Front populaire», qui repose sur «une victoire dans les urnes» et «sur un grand mouvement dans la rue», a-t-il précisé vendredi à l’AFP, réfutant toute interrogation de sa part sur M. Mélenchon.

Selon David Cormand, celui-ci n’est pas à ce stade en voie de marginalisation: «Il a fait sept millions de voix à la présidentielle, il est une personnalité politique de premier plan dans un camp à gauche qui en manque singulièrement.»

Si pour l’heure «Jean-Luc Mélenchon n’arrive pas à expliciter un récit» mobilisateur, rien ne dit pour M. Cormand qu’il n’aura pas le temps de le faire d’ici 2022.

 

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18 août 2019

Européennes: Mélenchon cible Marine Le Pen et veut en détourner les "gilets jaunes"

 

Le chef de file des Insoumis Jean-Luc Mélenchon a multiplié jeudi soir les attaques contre Marine Le Pen et appelé les électeurs "fâchés" du Rassemblement national - "gilets jaunes" en tête - à "ne pas jouer contre eux-mêmes".

"Pour nous, cela reste un objectif de rallier à nous ces gens à qui on dit: +Bien-sûr vous êtes fâchés, mais ne faites pas les fachos parce que vous jouez contre vous-mêmes+", a-t-il lancé lors d'un meeting pour les européennes près de Lyon, reprenant son antienne de campagne "fâchés mais pas fachos". 

Selon lui, la présidente du Rassemblement national n'est présente ni sur les thèmes écologiques, ni sur le social, notamment à l'Assemblée.

"Elle n'est pas là quand on vote pour l'interdiction du glyphosate (...) et elle a voté contre l'amendement qui voulait interdire l'épandage de glyphosate à moins de 200 mètres des zones habitées", a relevé le leader de la France insoumise, accusant aussi Marine Le Pen d'être favorable à "des négociations sur l'allongement du temps de travail au niveau des branches professionnelles".

Devant 800 partisans massés dans une salle comble de la municipalité socialiste de Villeurbanne (Rhône), dont une poignée de "gilets jaunes", il a exhorté ces derniers à ne pas voter RN et éviter ainsi de "jouer contre eux-mêmes".

"Sur les ronds-points, vous demandez la démocratie et d'intervenir de manière régulière dans la politique tout en assurant la stabilité des institutions, sous la forme du RIC", mais Marine Le Pen "a voté contre notre proposition de référendum révocatoire" il y a quelques mois, a accusé M. Mélenchon. 

"Elle trouve que ça lui va très bien les institutions de la Ve république. La monarchie présidentielle lui va comme un gant. On comprend, compte-tenu de son projet politique", a-t-il insisté.

Dernière ligne droite de campagne oblige, l'épineux cas d'Andréa Kotarac, élu régional du cru, exclu après avoir déclaré son soutien au RN pour les élections européennes, n'a pas été évoqué par Jean-Luc Mélenchon.

Devant un public tout acquis, il s'est plutôt efforcé de galvaniser les troupes et de dénoncer le "faux duel" annoncé par les sondages entre le RN et la République en marche, jugeant le président Emmanuel Macron "transparent" face à l'UE et aux lobbies.

"Macron n'existe pas, vous croyez qu'il est là, mais c'est un hologramme singulier du collectif de l'Union européenne. Il décline les ordres de l'UE (...) il est devenu transparent à force de parler", a tancé le leader de LFI, en profitant pour fustiger encore une fois l'"opération de communication" du Conseil de défense écologique (CDE) créé par le gouvernement. 

"Donnez lui la leçon. Punissez le dimanche!", a-t-il réclamé, avant d'appeler ses partisans à garder "une ambition +énormissime+, comme quand on a commencé ensemble et qu'on était quatre pelés et un tondu à croire à notre affaire". Un dernier élan salué par les applaudissements et vivats de l'assistance.

 

 

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Européennes: Mélenchon cible Marine Le Pen et veut en détourner les "gilets jaunes"

 

Le chef de file des Insoumis Jean-Luc Mélenchon a multiplié jeudi soir les attaques contre Marine Le Pen et appelé les électeurs "fâchés" du Rassemblement national - "gilets jaunes" en tête - à "ne pas jouer contre eux-mêmes".

"Pour nous, cela reste un objectif de rallier à nous ces gens à qui on dit: +Bien-sûr vous êtes fâchés, mais ne faites pas les fachos parce que vous jouez contre vous-mêmes+", a-t-il lancé lors d'un meeting pour les européennes près de Lyon, reprenant son antienne de campagne "fâchés mais pas fachos". 

Selon lui, la présidente du Rassemblement national n'est présente ni sur les thèmes écologiques, ni sur le social, notamment à l'Assemblée.

"Elle n'est pas là quand on vote pour l'interdiction du glyphosate (...) et elle a voté contre l'amendement qui voulait interdire l'épandage de glyphosate à moins de 200 mètres des zones habitées", a relevé le leader de la France insoumise, accusant aussi Marine Le Pen d'être favorable à "des négociations sur l'allongement du temps de travail au niveau des branches professionnelles".

Devant 800 partisans massés dans une salle comble de la municipalité socialiste de Villeurbanne (Rhône), dont une poignée de "gilets jaunes", il a exhorté ces derniers à ne pas voter RN et éviter ainsi de "jouer contre eux-mêmes".

"Sur les ronds-points, vous demandez la démocratie et d'intervenir de manière régulière dans la politique tout en assurant la stabilité des institutions, sous la forme du RIC", mais Marine Le Pen "a voté contre notre proposition de référendum révocatoire" il y a quelques mois, a accusé M. Mélenchon. 

"Elle trouve que ça lui va très bien les institutions de la Ve république. La monarchie présidentielle lui va comme un gant. On comprend, compte-tenu de son projet politique", a-t-il insisté.

Dernière ligne droite de campagne oblige, l'épineux cas d'Andréa Kotarac, élu régional du cru, exclu après avoir déclaré son soutien au RN pour les élections européennes, n'a pas été évoqué par Jean-Luc Mélenchon.

Devant un public tout acquis, il s'est plutôt efforcé de galvaniser les troupes et de dénoncer le "faux duel" annoncé par les sondages entre le RN et la République en marche, jugeant le président Emmanuel Macron "transparent" face à l'UE et aux lobbies.

"Macron n'existe pas, vous croyez qu'il est là, mais c'est un hologramme singulier du collectif de l'Union européenne. Il décline les ordres de l'UE (...) il est devenu transparent à force de parler", a tancé le leader de LFI, en profitant pour fustiger encore une fois l'"opération de communication" du Conseil de défense écologique (CDE) créé par le gouvernement. 

"Donnez lui la leçon. Punissez le dimanche!", a-t-il réclamé, avant d'appeler ses partisans à garder "une ambition +énormissime+, comme quand on a commencé ensemble et qu'on était quatre pelés et un tondu à croire à notre affaire". Un dernier élan salué par les applaudissements et vivats de l'assistance.

 

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17 août 2019

Mexique : AMLO, le nouveau « compañero » de Mélenchon

La révolution bolivarienne devenue impossible à soutenir, la « quatrième transformation » mexicaine offre de nouveaux espoirs au chef de La France insoumise.

Par Claire Meynial

Il y aura passé deux semaines, à un « rythme de campagne électorale », de son propre aveu sur son Vlog (blog vidéo). En visite au MexiqueJean-Luc Mélenchon n'a pas chômé. Prévue en décembre pour la prise de fonction du président Andrés Manuel López Obrador, « AMLO », elle avait été repoussée à cause des Gilets jaunes. Au programme : des conférences où il a été accueilli en rockstar, des découvertes (ou redécouverte, pour la maison de Léon Trotski à Mexico) culturelles, un déplacement à Tijuana, à la frontière avec les États-Unis, une visite au Sénat, une rencontre avec AMLO... Le tout dûment documenté sur son blog L'Ère du peuple. Mais pourquoi au juste ? « Qu'est-ce que je fous là ? Pourquoi l'Amérique latine ? Parce que c'est le seul endroit du monde où il y a eu une rupture avec le néolibéralisme », y explique-t-il. AMLO est issu du parti de gauche Morena. « J'ai discuté avec Jean-Luc Mélenchon, chef du mouvement La France insoumise, a tweeté le président mexicain en légende d'une photo où ils se serrent la main. Outre nos convergences politiques, je n'oublie pas que lorsque nous étions dans l'opposition, dans des circonstances différentes, il a montré beaucoup d'intérêt à me parler lors de ma visite à Paris. »

Même émotion du côté du Français, admiratif et un brin envieux, dans le premier épisode vidéo de son voyage. À tel point que se glisse un « on » internationaliste dans ses propos : « Ici, on a gagné l'élection présidentielle avec 54 % dès le premier tour, ils ont fait 30 millions d'électeurs… C'était sa troisième candidature, il lui a fallu une constance et une force de caractère absolument géantes pour faire ces trois campagnes. Surtout que, en cours de route, ils ont perdu de nombreuses élections locales et on me racontait comment c'était quand ils n'avaient plus rien. Plus un rond, plus une position élue, plus un député, plus un sénateur, plus rien. » Mélenchon, lui, comptabilise deux tentatives, en 2012 et 2017. À bon entendeur… Aux journalistes de La Jornada, quotidien de référence de la gauche, il dit : « Je suis venu pour respirer, connaître ce monsieur AMLO qui m'intéresse tant, apprendre de ce processus mexicain, qui va sûrement donner une nouvelle impulsion en Amérique latine et en Europe. Je viens chercher l'inspiration et un peu d'optimisme. » Un baume après la gifle des élections législatives, « point d'interrogation gigantesque ». Il leur parle de la gauche morte en Europe. De ses doutes : « Je suis un intellectuel qui, sur un malentendu, dirige un mouvement de masse. Parfois, je me dis : Je vais descendre du train, j'en ai assez de ce voyage, je n'en peux plus ! » De son monde dont il ne reste « plus une pierre », le bloc socialiste de l'Est.

Espoir colombien

L'admiration de Mélenchon pour l'extrême gauche latino-américaine n'est pas nouvelle. En 2012, il avait suivi la dernière campagne de Hugo Chávez au Venezuela et écrit sur son blog de longs textes (effacés depuis) où il s'émerveillait de la popularité du Comandante. Le 16 juillet 2012, dans un post intitulé « No volverán », slogan révolutionnaire vénézuélien, il racontait « l'ouragan bolivarien », une manifestation en faveur de Chávez. « Sur les trois kilomètres du trajet, une foule compacte hurla sans discontinuer… Jamais je n'avais vu une telle ferveur politique se concentrer de telle façon dans les corps et les visages. À mi-chemin, je m'aperçus que j'avais le visage en larmes. Le saisissement, l'effroi sacré qui nous habitait est un moment qui n'a pas ses mots pour le décrire raisonnablement. » Il s'était également rendu au Forum de São Paulo, fondé par Fidel Castro et Lula da Silva en 1990, qui réunit les partis d'extrême gauche du continent, dont Morena, le parti d'AMLO. Il regrettait alors la défaite « du candidat de la gauche unie » au Mexique : « Andrés Manuel López Obrador a été l'objet d'une campagne systématique de dénigrement et de calomnies par les chaînes de télévision et la grande presse. Son extrémisme populiste, son caractère agressif, ses goûts politiques dangereux, son amitié pour Chávez et Cuba ont été abondamment et méthodiquement dénoncés. Comme c'est original ! »

Mélenchon a aussi porté son espoir sur la Colombie, lorsque Gustavo Petro, candidat de l'extrême gauche, s'est présenté à la présidentielle en 2018. Avant le premier tour, le 28 mai, il avait envoyé une vidéo de soutien : « Nous savons que c'est d'Amérique du Sud que sont venus les messages les plus réconfortants pour l'humanité. Mes amis colombiens, vos votes vont adresser un message à toutes les consciences éveillées du monde qui cherchent un chemin pour la suite de la civilisation humaine. Au moment où vous prendrez votre décision, pensez à nous tous dans le monde qui avons besoin de vous. » Las, Gustavo Petro, ancien guérillero et ami de Hugo Chávez, a perdu devant Iván Duque, candidat d'extrême droite et dauphin d'Álvaro Uribe, en grande partie, justement, parce que les Colombiens ont été effrayés par les conséquences de la Révolution bolivarienne à l'œuvre chez le voisin vénézuélien. La gauche sur le continent accumule les revers : Petro défait, Lula da Silva au Brésil en prison pour corruption, Dilma Rousseff destituée, Daniel Ortega au Nicaragua agrippé au pouvoir au prix de massacres de civils, Nicolás Maduro à l'origine d'une crise politique et économique majeure au Venezuela… AMLO représente donc un recours inespéré. Aux yeux de Mélenchon, il a le bon goût de ne pas avoir reconnu Juan Guaidócomme président par intérim du Venezuela, se distanciant ainsi des onze membres du Groupe de Lima (les deux autres contestataires étant le Guayana et Sainte-Lucie) qui appuient le jeune président de l'Assemblée nationale. Le Mexique veut se poser en médiateur de la crise vénézuélienne. Le nouveau héros de la gauche latino-américaine a pourtant ses failles. Cédant aux injonctions de Donald Trump qui le menaçait d'imposer des taxes sur ses produits s'il ne diminuait pas le flux de migrants entrant aux États-Unis, il vient de placer des gardes nationaux à sa frontière nord, avec le grand voisin, et au sud, avec le Guatemala, ce qui aurait provoqué une diminution de 30 % des arrivées aux États-Unis. Mélenchon s'est donc livré à un exercice d'équilibriste. « Je le vois très ferme, très tranquille... Il ne veut pas entrer dans le jeu de la conflictualité, les provocations du FMI, des gringos, de Trump ou des migrants, » a-t-il affirmé à la sortie de son entretien avec AMLO.

Place, donc, à la révolution mexicaine. Au Sénat, Mélenchon a exhorté le président du Bureau, Martí Batres Guadarrama et des sénateurs de Morena : « Les Mexicains ont une responsabilité immense, parce qu'ils ont initié la quatrième transformation… Nous avons besoin qu'elle réussisse, parce que sinon on va encore dire qu'on ne peut rien changer. » La première transformation, soulèvement armé, mena à l'indépendance vis-à-vis de l'Espagne en 1821. La deuxième, entre 1858 et 1861, opposa libéraux et conservateurs et engendra les lois de la réforme, dont la séparation de l'Église et de l'État. La troisième, entre 1910 et 1917, « La Révolution » contre le régime de Porfirio Díaz, donna lieu à la Constitution actuelle. L'idée de lancer la « quatrième transformation » ne se distingue donc pas par sa modestie, selon certains observateurs mexicains qui estiment que ce genre de titre est décerné, a posteriori, par les historiens. Le projet est d'en finir avec la corruption, d'instaurer un pouvoir économe et décentralisé, d'aider les zones rurales, de lancer des programmes sociaux. Il pourrait aussi favoriser le présidentialisme. Récemment, AMLO a poussé une loi restreignant le droit de manifester. Les députés ont aussi approuvé une loi d'expropriation en cas d'entrée dans un immeuble en travaux. En Amérique latine, ce genre de mesure est chargé de symbolique politique. L'expropriation a été largement appliquée dans les années 2000 par Chávez au Venezuela et figurait au programme de Gustavo Petro, ce qui a fait frémir ses opposants. Dans son blog, Mélenchon prend les devants : « Il y a une campagne qui montre que le Mexique est en train de devenir une cible. On l'a vu dans la presse en Europe, avec El País, mais aussi aux États-Unis avec le New York Times et en France avec Le Monde… Et ici, en Amérique du Sud, aussi… Le Mexique est entré comme cible dans la machine mondiale qui sert à discréditer le Venezuela, Cuba et toutes les expériences, tous les gouvernements qui essaient de faire autre chose que du néolibéralisme. »

« Le Mexique ne sera pas mon modèle »

Pour le reste, le « compañero Jean-Luc Mélenchon », comme il a été présenté à l'Institut d'études politiques du parti Morena, à Veracruz, a adopté sur la migration une position nettement plus tranchée que celle qu'il présente en France. « Chez nous, le thème de l'immigration vient bousculer des habitudes, des manières de voir le monde. Aux États-Unis, non », justifie-t-il sur son blog. Dans un espagnol fleuri (à cause du décalage horaire, qui fait oublier les mots en espagnol mais aussi en français, s'excuse-t-il dans une vidéo), il a dénoncé : « On ne peut pas traiter un fait de cette nature, d'une telle ampleur, avec des méthodes si barbares et si stupides, fondamentalement, que construire un mur en pensant que les gens ne vont pas passer. Parce qu'ils vont passer ! En mourant, en souffrant, mais ils passeront. Et donc, la vraie question, c'est comment nos sociétés sont capables ou non d'accueillir [au lieu du verbe « acoger » – « accueillir » –, il utilise le verbe « coger », « prendre », et qui en Amérique latine, signifie « prendre » au sens sexuel, NDLR] ceux qui viennent, de les intégrer. » À Tijuana, il a parcouru un poste frontalier et est allé jusqu'à la barrière métallique qui sépare la ville de San Diego, en Californie, « le symbole de la violence de l'Empire ». « Le cimetière qu'est devenue la Méditerranée est moins parlant que ce mur abject avec ses barbelés, ses rasoirs et les traitements brutaux de l'un et l'autre côté de la frontière », estime-t-il sur une vidéo.

Question de point de vue, tout comme cette curieuse compassion pour le narcotrafiquant El Chapo (Mélenchon a apprécié la série sur Netflix), emprisonné aux États-Unis : « Comme c'est un criminel, tout serait permis à son sujet. Bah non, nous, on vit pas les choses comme ça. On pense qu'un être humain, même criminel, il y a des limites dans les mauvais traitements qu'on lui inflige. Là, il est tout seul, il a une fenêtre qui fait, je crois, 15 centimètres de large, pour que la lumière arrive, il ne voit pas le ciel et il a un banc fixe, une table fixe, etc. » Des préoccupations dont il n'a pas fait montre pour les opposants enfermés et torturés au Venezuela. Sur son blog, il s'énerve déjà : « On dit : C'est votre modèle, le Venezuela ! Ça m'énerve… Bien sûr que non ! Toutes ces expériences ne peuvent pas être des modèles. Parce qu'aucun n'est reproductible… Le Mexique n'est pas mon modèle, ne sera pas mon modèle. AMLO n'est pas mon modèle. » Pas plus que lui, cependant, il n'a jugé opportun de se rendre à l'édition 2019 du Forum de São Paulo, qui se tenait à Caracas au même moment.

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16 août 2019

Les législatives de 2012, la double peine de Ségolène Royal

 

 

Empêchée de concourir dans les Deux-Sèvres, Ségolène Royal s'est vue contrainte de jouer des coudes en Charente-Maritime. C'était sans compter la détermination d'Olivier Falorni, candidat dissident exclu du PS. Le soutien que lui a accordé Valérie Trierweiler n'a fait qu'aggraver le désastre annoncé.

"Ces gamelles politiques qui ont marqué l'histoire"

Cet article est le quatrième volet d'une série consacrée aux défaites électorales et personnelles qui ont marqué l'histoire politique française de ces 25 dernières années.

Dubaï, 14 juin 2012. L’un des résidents de l’opulent émirat parcourt, comme chaque matin, la une du quotidien en papier glacé destiné aux expatriés francophones. À sa stupéfaction, il y repère le visage de l’un de ses meilleurs amis. Il s’agit d’Olivier Falorni, candidat aux élections législatives en Charente-Maritime. En rupture de ban avec le Parti socialiste, dont il a été membre pendant 13 ans et où il a occupé un poste de premier ordre, l’élu local s’apprête à infliger un échec cinglant à Ségolène Royal. Longtemps inconnu du grand public, son nom résonne désormais à plus de 5000 kilomètres à la ronde. 

À l’origine, son actualité est résolument franco-française. En ce mois de juin, entre les 10 et 17, des centaines de candidats battent le pavé pour obtenir (ou conserver) un siège de député pour la XIVe législature. La future composition de l’Assemblée nationale doit permettre au PS et à François Hollande, élu président de la République en mai, de gouverner le pays. Les équilibres de "l’ancien monde" ayant encore des réserves d’oxygène, rien ne semble en mesure d’endiguer la vague rose. Une routine. 

De "plantage" à barouf médiatique

Il suffit pourtant de quelques nids de poule pour gâcher un beau revêtement. À La Rochelle, fief radical-socialiste depuis les années 70, le PS perd le contrôle du véhicule. Et ce, aux yeux du monde entier. 

Le duel entre Olivier Falorni et Ségolène Royal se résumait d’abord à une histoire de parachutage raté. À cinq jours de l’échéance, toutefois, ce "plantage" a pris une tout autre forme. Celle d’un barouf médiatique sur fond d’animosité entre deux femmes, Ségolène Royal et Valérie Trierweiler, la seconde étant devenue première dame un mois auparavant. 

Le 17 juin 2012, c’est Olivier Falorni qui tire ses marrons du feu. Il surclasse une femme politique de grande expérience, première femme parvenue au second tour d'une élection présidentielle, élue puis réélue à la tête d’une région longtemps trustée par la droite. Et, par ailleurs, ex-compagne de François Hollande. 

Le désaveu de la primaire

C’est peut-être ce poids politique indiscutable qui a brouillé le radar de Ségolène Royal, dotée d’un flair unanimement reconnu mais soumis à rude épreuve dans les mois précédant l’élection présidentielle de 2012.

Il y a d’abord eu la primaire ouverte du PS, en octobre 2011. Cinq ans après avoir balayé des éléphants comme Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius, la voilà éliminée dès le premier tour avec 6,95% des voix. Un désaveu terrible. À l’extérieur de son QG de campagne, Ségolène Royal ne peut retenir ses larmes. 

La "dauphine" Batho joue sa carte

"Les merdes volent toujours en escadrille", dit le dicton chiraquien. Après avoir digéré le fiasco de la primaire, Ségolène Royal doit vite retomber sur ses pattes si elle veut peser sur le cours du prochain quinquennat. Cap, donc, sur les législatives, d’autant plus qu’elle entend briguer la présidence de l’Assemblée nationale en cas de victoire de François Hollande. 

Un facteur exogène va l’empêcher de se présenter dans les Deux-Sèvres, son fief historique. Défenseure du non-cumul des mandats, la patronne de la Région Poitou-Charentes avait légué sa circonscription en 2007 à Delphine Batho, sa "dauphine", sa protégée. Laquelle, face à la perspective de devoir la "rendre" à son mentor, se rebiffe. 

"Delphine Batho a joué sa carte. Au soir de la défaite de Ségolène à la primaire, elle avait appelé illico à prendre position pour Hollande sans nous concerter, ce que Ségolène a assez mal vécu", rapporte Guillaume Garot.

À cet instant, le maire de Laval sent "que quelque chose se trame". Delphine Batho "ne lâche pas sa circo" et Ségolène Royal en conçoit une vive déception.

"Il y a une vraie cassure entre les deux à partir de ce moment-là. C’est une blessure que Ségolène a longtemps tue, dont elle n’a jamais vraiment parlé", poursuit l'élu mayennais, proche de l'ancienne candidate à la présidentielle. 

"David contre Goliath"

La chance sourit à l’ancienne ministre de François Mitterrand lorsque le maire de La Rochelle, Maxime Bono, annonce le 23 octobre 2011 qu’il ne se représentera pas dans la 1ère circonscription de Charente-Maritime. Une place se libère dans le périmètre poitevin. Il se trouve par ailleurs que le PS entend la réserver à une femme dans un objectif de parité. Ségolène Royal saisit la balle au bond et déclare, dès le lendemain, sa candidature. 

Adjoint de Maxime Bono, Olivier Falorni lui emboîte le pas. Conformément à ce que prévoient les statuts du parti, il revient aux militants locaux de choisir leur impétrant dans la circonscription. Alors que démarre ce "David contre Goliath" rochelais, le challenger voit venir les coups.

"À ces législatives, je suis le candidat naturel dans cette circonscription", maintient aujourd’hui Olivier Falorni auprès de BFMTV.com. "J’étais le premier adjoint du maire, je suis né dans le coin, je connaissais le terrain, etc. Avec Ségolène Royal, on a eu nos désaccords. Mais ça, c’est la vie. En 2012, je ne demande rien, c’est elle qui vient à La Rochelle!"

S’il défend la logique de ce transfert, du fait de la renommée de Ségolène Royal au niveau régional, Guillaume Garot reconnaît qu’il y avait là les ferments d’un "choc des perceptions": 

"Il y avait une forme de logique, sur le papier, à ce qu'elle vienne en Charente-Maritime, un des départements de sa région. Mais aux yeux de ses adversaires, c’était un parachutage, alors que pour nous c'était impensable."

Le PS impose Royal, Falorni se maintient

Pour le PS, il est surtout inconcevable qu’une personnalité comme Ségolène Royal se retrouve sans mandat parlementaire. À la dernière minute, la rue de Solférino annule le scrutin local. Le 22 novembre 2011, le bureau national du parti désigne Ségolène Royal candidate dans ce litigieux fief.

"Je m’étais beaucoup investi dans la vie du PS. Je me suis occupé de ses universités d’été pendant 6 ans. En arriver là après tout ça, ce n’est pas très charitable", regrette Olivier Falorni. "Mais après tout, Churchill résumait bien les choses: 'si vous attendez de la gratitude, adoptez des chiens'."

L’intéressé s’entête. Il maintient sa candidature malgré les sommations des instances dirigeantes du PS, qui lui annoncent son exclusion par courrier recommandé en février 2012. 

"Campagne à l'ancienne"

Devenu candidat "divers gauche" (mais toujours estampillé "majorité présidentielle"), Olivier Falorni dénonce dans ses réunions publiques la "démocratie bafouée" par "la candidate parachutée". Il bénéficie du soutien de "la base", mais aussi de certains élus issus de la droite modérée comme Dominique Bussereau, président du conseil général de Charente-Maritime. 

De son côté, Ségolène Royal essaie de se tenir à l'écart des bisbilles partisanes. En mars, L’Express énumère ses réseaux charentais. Médecins, notables, entrepreneurs, milieux culturels… Tout semble en place pour lui permettre de l’emporter.

"Moi-même, au départ, ça m’avait impressionné. J'avais tout contre moi", reconnaît Olivier Falorni. "Mais une campagne, ça ne se joue plus par le seul biais des réseaux locaux et des notables. Il n’y a plus de prescripteurs d’opinion. Et ça, Royal ne l’a pas vu. Elle a fait une campagne à l’ancienne. Ça avait marché dans les médias, mais ça s’est retourné contre elle."

Guillaume Garot réfute toute promenade de santé. Évoquant le "chemin de croix" de Ségolène Royal, l'ex-secrétaire d'État rappelle que "certains soutiens locaux qu’on lui avait promis ne sont jamais venus”. C’est notamment le cas au sein du Parti radical de gauche, allié traditionnel du PS bien implanté dans le département.

"Elle voit progressivement que les choses s’organisent contre elle et que rien n’est fait pour dissuader les uns et les autres de mettre en œuvre ces tactiques. On avance, on compte ses forces et in fine, ceux qui doivent être là ne sont pas là. Ségolène s’est démenée, elle a fait un max de porte-à-porte, elle a tout donné", assure l'élu, reprochant par ailleurs à François Hollande d’avoir "laissé faire". 

Écart serré

À dix jours du premier tour, les sondages confortent pourtant l’ex-ministre, créditée de 7 points de plus qu'Olivier Falorni dans une enquête Ifop pour Sud-Ouest. C’est bien un duel gauche-gauche qui se profile dans une circonscription où François Hollande a obtenu 55,59% au second tour de la présidentielle.  

L’écart entre les deux rivaux s’avère finalement plus serré: le 10 juin 2012, la patronne du Poitou-Charentes arrive en tête avec 32,03% des suffrages exprimés, talonnée par Olivier Falorni qui en recueille 28,91%. Un beau score dont certains socialistes estiment qu’il doit beaucoup aux électeurs de droite venus régler leur compte avec Ségolène Royal.

Dans la foulée, le PS accentue sa pression sur son ancien premier secrétaire fédéral de Charente-Maritime. Sur Europe 1, celui-ci reproche à sa rivale de vouloir "être candidate unique au deuxième tour".

"Ça, c’était du temps de l’URSS, pas dans la France du XXIe siècle", assène Olivier Falorni. Au coude-à-coude avec Ségolène Royal dans les sondages pour le second tour, il veut aller au bout de sa logique.

Déflagration

Le 12 juin 2012, c'est le coup de massue. Ségolène Royal tient meeting dans un bateau amarré au port de La Rochelle. Olivier Falorni, lui, est à l’Aquarium. D’où il est, il a une vue sur la réunion publique concurrente, à laquelle participent Martine Aubry et la patronne d'Europe Écologie-Les Verts, Cécile Duflot. 

À 11h56, un tweet est publié sur le compte de Valérie Trierweiler, dans lequel la première dame accorde son soutien au dissident: 

"Courage à Olivier Falorni qui n’a pas démérité, qui se bat aux côtés des Rochelais depuis tant d’années dans un engagement désintéressé." 

En 136 caractères, l'ex-journaliste de Paris-Match déclenche un séisme politique en désavouant (implicitement) celle qui fut, avant elle, la compagne de François Hollande.

 

"Plus qu’une mesquinerie, c'est un mauvais coup", juge aujourd'hui Guillaume Garot. "Sur le moment, je suis infiniment triste pour Ségolène.  Je vois ça à distance, je suis en plein dans ma campagne dans la Mayenne, et je me dis, 'mais à quoi ils jouent?!' Dans l'appareil du PS, tout le monde est choqué. Ce tweet était injustifiable." 

Vaudeville

Quand un membre de son équipe lui tend un smartphone où s'affiche le tweet, Olivier Falorni se montre incrédule. "J'ai d'abord cru que c'était un 'fake', comme on dit aujourd'hui", s'amuse-t-il. 

"Je regarde le truc avec des yeux effarés, puis je jette un œil sur le bateau où Ségolène Royal tenait son meeting. Je vois qu'il y a du mouvement et, petit à petit, vos confrères qui traversent le bassin à toute course pour venir m'interroger. J'étais vraiment surpris, car je n'avais pas vu le texto de soutien que Valérie m'avait envoyé quelques minutes avant de publier son tweet." 

Le tollé médiatique devient vite assourdissant. Cette campagne locale, certes amplifiée par la stature nationale de Ségolène Royal, se transmute en vaudeville. Une comédie humaine dans laquelle l'Elysée sert soudainement de décor et dont les deux protagonistes féminins se font la guerre, tout en bafouant l'autorité du troisième. 

"Ça n'a pas bougé une seule voix"

D'après Olivier Falorni, qui a bien connu François Hollande et Valérie Trierweiler, cette dernière a été "choquée par les méthodes du PS":

"Je m’étais beaucoup investi auprès de François. Je pense que Valérie a  en partie réagi en femme, et je pense qu’elle n’aurait pas dû le faire. Je le lui aurais dit en amont, d’ailleurs. Mais le côté 'vengeance de l’ex' est très réducteur. Ça a été un coup de sang. La suite a été très dure pour elle, beaucoup lui sont tombés dessus."

En revanche, le futur vainqueur se dit sûr d’une chose: "Ça n’a pas bougé une seule voix. La seule conséquence, c’est qu’on est passé d’une campagne nationale à une campagne où je me suis vu en train de répondre à des médias japonais. Certains journalistes français venaient me demander où ils pouvaient s'acheter des sous-vêtements pour rester plusieurs nuits."

Vote de rejet

Le 17 juin 2012, Ségolène Royal est battue à plate couture. Elle ne recueille que 37,03% des suffrages exprimés, Olivier Falorni en obtenant 62,97%. Une défaite qui hypothèque l'avenir politique immédiat de l'ancienne ministre. Sans mandat de député, elle ne peut briguer le Perchoir. Plus tard, elle accusera le vainqueur de "trahison". 

Le miraculé de La Rochelle, lui, ne se fait pas d'illusion sur les ressorts de sa victoire. Il sait qu'il s'agit à la fois d'un vote d'adhésion et de rejet de son adversaire. "C'était lié davantage à ce que je faisais qu’à ce que j’étais", nous résume-t-il. 

"Cet épisode résume mal la carrière de Ségolène Royal", estime par ailleurs Olivier Falorni. "En 2007, je l’ai vu, c’est une femme politique qui sentait bien les coups venir, qui a une capacité à se saisir des sujets, à bien utiliser ses atouts et son image. En 2012 elle ne fait pas ça. Elle se trompe en croyant qu’on est toujours en 2007. Elle se plante dans une circo où on ne l’attend pas."

Renaissance

Après quelques mois de purgatoire, Ségolène Royal s'emploie à faire ce en quoi elle excelle: exister. Dès la première rentrée du gouvernement Ayrault, à l'automne 2012, la présidente de la Région Poitou-Charentes met fin à sa diète médiatique. Dans une longue interview accordée au Monde, elle enjoint ses camarades à passer à la vitesse supérieure, "celle des réformes de structures". "Après l''opération vérité', passons au 'rêve français'", déclare alors celle qui confirme vouloir "toujours être utile à (s)on pays".

Rebelote en mai 2013, quelques mois après sa nomination à la Banque publique d'investissement. Dans les colonnes du quotidien du soir, Ségolène Royal reproche au gouvernement de François Hollande d'être inerte en matière écologique. Plus globalement, elle évoque "le sentiment que du temps a été perdu" par cette équipe déjà engluée dans l'impopularité. 

Alors membre du gouvernement, Guillaume Garot ne perd pas contact avec l'ex-candidate. "Entre 2012 et 2014, c’est très compliqué pour Ségolène. Elle était blacklistée", raconte-t-il. 

"Aux yeux du PS, c’est celle qui a perdu la primaire, la législative, la présidentielle... Mais elle arrive à revenir dans le jeu parce qu’elle se concentre sur ses fondamentaux: l’écologie et l’éducation. C'est ce qui fait qu’en 2014, au moment où le gouvernement Ayrault est congédié, elle est de nouveau vue par les Français comme l'un des poids lourds de la gauche."

Et le député de la Mayenne d'ajouter, après une pause: "C’est d'ailleurs pour ça que Hollande la prend dans l'équipe de Manuel Valls... Il avait diablement besoin d’elle." De l'art de rebondir.

 

 

 

 

 

 

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15 août 2019

L'Indonésie renvoie des conteneurs de déchets vers la France et Hong Kong

 

L'Indonésie a renvoyé vers la France et Hong Kong sept conteneurs de déchets illégalement importés, a annoncé mardi un responsable local, alors que les pays d'Asie du Sud-Est multiplient ce type d'opérations pour ne plus être les décharges des pays riches.

Ces conteneurs renfermaient des déchets ménagers, des déchets plastiques et des matériaux dangereux en violation des règles d'importation, selon les douanes de l'île de Batam, située en face de Singapour.

"Les conteneurs sont partis lundi et des responsables étaient là pour s'assurer de leur départ", a déclaré mardi à l'AFP Susila Brata, un responsable des douanes locales.

Auparavant, un autre responsable avait précisé que cinq des conteneurs étaient à destination de Hong Kong, et les deux autres repartaient en France.

Les autorités attendent par ailleurs les autorisations de réexpédier 42 autres conteneurs de déchets vers les Etats-Unis, l'Australie et l'Allemagne.

En 2018, la décision de la Chine de cesser l'importation de déchets plastiques du monde entier a suscité le chaos sur le marché mondial du recyclage et obligé les pays développés à trouver de nouvelles destinations pour leurs déchets. 

Depuis, d'énormes quantités de déchets ont été réacheminées vers l'Asie du Sud-Est où les capacités de recyclage sont limitées.

Début juillet, Jakarta a retourné huit conteneurs en Australie. L'Indonésie en avait déjà renvoyé en juin cinq aux Etats-Unis.

Des images de rivières d'Asie du Sud-Est bouchées par des tonnes de déchets et des photos d'animaux marins trouvés morts l'estomac rempli de plastique ont suscité la consternation.

Environ 300 millions de tonnes de plastique sont produites chaque année. Une grande partie finit dans des décharges ou dans les mers, selon le Fonds mondial pour la nature (WWF).Il va falloir apprendre à vivre autrement…..

 

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