Européennes : Ségolène Royal jette l'éponge, les divisions triomphent à gauche

Élections européennes

 

 

Faute d'accord avec Yannick Jadot (EELV) et Benoît Hamon (Génération-s), l'ex-ministre de l'Ecologie renonce à la candidature aux élections européennes qu'elle avait évoquée cet automne.

Après y avoir songé cet automne, l'ancienne ministre de l'Écologie, Ségolène Royal, a annoncé ce vendredi qu'elle ne serait pas candidate aux européennes de mai 2019, le rassemblement de la gauche n'ayant pas été possible. "Je ne serai pas sur une liste", a affirmé Mme Royal, tout en assurant qu'elle serait "présente dans le débat européen". 
"J'avais posé pour condition, pour répondre à l'aimable pression de mes amis, de pouvoir structurer et créer une convergence et un rassemblement des écologistes, de la gauche, des démocrates, de la société civile également. Ces conditions ne sont pas remplies, puisque un certain nombre de partenaires ont refusé, et par conséquent je reprends ma liberté de ne pas être candidate", a expliqué Mme Royal. Le chef de file des écologistes, Yannick Jadot, a refusé le 21 décembre la proposition de Mme Royal d'être numéro deux sur une liste qu'il conduirait. Celui de Générations, Benoît Hamon, a fermé la porte lundi à une alliance avec le PS, tant qu'il siège avec le PSE. Le député PS Guillaume Garot avait recontacté M. Jadot mercredi par SMS, en vain.

« C’est désolant »

"Je suis désolée que ce rassemblement ne se fasse pas, parce que nous avons devant nous des défis absolument considérables. Il y a l'urgence climatique, il y a l'urgence sociale, il y a l'urgence démocratique, il y a la montée des nationalismes, et voir qu'on n'est pas capables de s'unir au niveau des démocrates, de la gauche et des écologistes, c'est quand même assez désolant, mais j'espère qu'ils continueront leurs efforts", a affirmé l'ancienne candidate à la présidentielle.

« Jadot et Hamon auront des comptes à rendre »

Yannick Jadot et Benoît Hamon "auront des comptes à rendre", a-t-elle averti. "Car si au lendemain des élections européennes nous avons un chaos au niveau du Parlement européen, une forte montée en puissance des nationalismes, parce qu'il n'y aura pas eu d'offre politique enthousiasmante, crédible, ce sera de la responsabilité de ceux qui ont fait passer l'esprit d'appareil politique et les égos avant le rassemblement", a-t-elle critiqué, parlant d'une "faute grave dans un moment de basculement".

La France insoumise se frotte les mains

Les divisions de ce que l’on appelle la gauche de gouvernement font en tout cas les affaires de Jean-Luc Mélenchon. Selon un sondage réalisé par l’IFOP pour le mouvement Place publique sur les intentions de vote des électeurs aux Européennes, une liste d’union rassemblant le PS, EELV, le PCF, le mouvement Génération-s de Benoît Hamon et Place publique de Raphaël Glucksmann et Thomas Porcher, aurait pu réunir 14 % des suffrages. Largement devancée par le Rassemblement national (RN) mesuré à 23,5 %, cette gauche plurielle ressuscitée talonnait la liste LREM (15%), mais devançait les Républicains (13%) et la France insoumise (11,5%), dans cette consultation réalisée les 3 et 4 décembre derniers. 

Sera-t-elle de nouveau candidate à la Présidentielle ?

Ce renoncement de Ségolène Royal aux élections européennes ne signe certainement son retrait de la politique. Interrogée le 11 novembre dernier sur  son avenir, l’ex-candidate à la Présidentielle n’a pas exclu de briguer à nouveau la fonction suprême. « Je ne me pose pas aujourd’hui la question », avait-elle d’abord déclaré à ce sujet, avant d’en admettre l’hypothèse un peu plus tard. « Peut-être, a fini par lâcher Ségolène Royal, mais c’est le combat aujourd’hui principal qui relie tous les autres combats, y compris la question de la sécurité ». Candidate éventuelle donc, si le sort de la planète l’exige...