Européennes: sans Royal, Faure contraint de monter au front

 

LExpress.fr

Lorsque les partis politiques ont lancé les grandes manoeuvres pour trouver leurs têtes de liste aux élections européennes, Olivier Faure n'imaginait sans doute pas que l'on ferait de lui le possible, sinon le probable, candidat socialiste. "Je serai présent dans la campagne", promettait-il à L'Express au mois d'octobre. Certes, le Premier secrétaire du PS n'écartait pas la possibilité d'apparaître en fin de liste, façon Marine Le Pen au sein du Rassemblement national. Mais premier de cordée, il n'en était pas question. Pas encore. 

De l'eau a coulé sous les ponts. "Oui, j'envisage d'être tête de liste si c'est nécessaire, mais ce n'est pas la priorité. Cela laisserait entendre que nous avons renoncé au rassemblement de la gauche", glissait-il quelques semaines plus tard devant une poignée de journalistes. Jusqu'au début du mois de janvier, son pari portait clairement sur une possible candidature de Ségolène Royal. Longtemps, l'ancienne ministre a laissé planer le doute quant à ses intentions. Elle a imposé son calendrier, le temps de voir si oui ou non les planètes allaient s'aligner. Ségolène Royal a toujours été claire : pas question de porter une liste limitée aux seuls socialistes. Elle appelait au rassemblement de la gauche, avec des personnalités de la société civile. 

Place publique, seul interlocuteur?

Pendant des semaines, la direction du parti et les royalistes se sont donc retrouvés, chaque semaine, pour faire avancer le dossier. Luc Carvounas, défenseur de la "gauche arc-en-ciel", a rejoint cette petite troupe, juste après leur première entrevue, le 12 octobre dernier. Il a tenté d'y croire, jusqu'au bout. Fin décembre, les vents semblaient déjà moins favorables. "L'enjeu, ce n'est pas seulement le Parti socialiste, il faut parler à la société civile, racontait-il alors. C'est ce que j'essaie de faire depuis des mois avec la gauche arc-en-ciel et aujourd'hui avec Ségolène Royal.