Gilets jaunes : Ségolène Royal milite à son tour pour le RIC

L'ancienne candidate socialiste avait évoqué cette idée d'un référendum d'initiative citoyenne dans son programme pour la présidentielle dès 2007.

 

 

« Il est plus que temps aujourd'hui d'oser la révolution participative ! ». Dans les colonnes du Parisien-Aujourd'hui en FranceSégolène Royal rejoint les Gilets jaunes sur un point. Pour elle, l'instauration du RIC, le référendum d'initiative citoyenne, serait loin d'être une mauvaise idée. « C'est un beau débat qui doit être discuté, expérimenté. Regardons sur quels sujets ce référendum peut être utile. Il est plus que temps de faire respecter notre démocratie, de la rendre plus transparente », développe l'ancienne candidate socialiste à l'élection présidentielle.

En 2007, elle évoquait d'ailleurs ce « référendum ou proposition d'initiative citoyenne » dans les 100 propositions de son « pacte présidentiel ». « Les citoyens ont le sentiment que les choses sont décidées unilatéralement, alors que la perception des injustices progresse », constate aujourd'hui Ségolène Royal, toujours dans le Parisien. « À chaque fois que les dirigeants prétendent qu'il n'y a pas d'alternative, c'est une faille dans le processus démocratique. On a ainsi expliqué la taxe carbone par l'écologie, mais les gens ont pensé qu'on se moquait d'eux. Il y a une aspiration à être respecté en tant que citoyen informé. »

Édouard Philippe n'y est pas opposé

Son discours rejoint celui de nombreux Gilets jaunes, qui ont fait de l'instauration de ce référendum l'une de leurs principales revendications ces dernières semaines. De nombreuses pancartes « RIC » ont ainsi fait leur apparition dans les manifestations. Avec ce RIC, les citoyens pourraient être consultés sur plusieurs sujets, selon le périmètre qui serait donné à cette mesure, comme la proposition ou l'abrogation d'une loi, le fait de révoquer des élus ou encore de modifier la Constitution. Les Gilets jaunes militent pour que le RIC devienne obligatoire si un certain nombre de signatures de citoyens est atteint (le chiffre de 700 000 a été évoqué).

Une mesure à laquelle Édouard Philippe a affirmé ne pas être opposé. « Je ne vois pas comment on peut être contre son principe », a déclaré le Premier ministre dans une interview accordée aux Échos . Pour lui, le RIC est « un bon instrument dans la démocratie », mais ne pourrait pas être mis en place sur « n'importe quel sujet ni dans n'importe quelles conditions ». « C'est un bon sujet du débat que nous allons organiser partout en France », a ajouté Édouard Philippe, sans donner plus de détails. Quelques jours plus tard, il affirmera le contraire à la télé.

Mélenchon et Marin Le Pen d'accord sur ce point

Outre Ségolène Royal, d'autres personnalités politiques se sont déjà déclarées favorables à l'instauration d'un référendum d'initiative citoyenne. Jean-Luc Mélenchon, après avoir abordé cette idée dans son programme pour la présidentielle de 2017, a défendu le RIC à l'Assemblée nationale la semaine passée. « La monarchie présidentielle a fait son temps : l'âge moderne nous demande de conserver la stabilité institutionnelle (...) mais avec la capacité permanente d'intervention populaire », a affirmé le leader de la France Insoumise, qui partage cette idée avec… Marine Le Pen.

« Le référendum d'initiative populaire (ou référendum d'initiative citoyenne) réclamé depuis des années par le RN est un outil essentiel d'un bon fonctionnement démocratique ! Débloquer notre démocratie, ça passe par rendre la parole au peuple », a tweeté samedi la présidente du Rassemblement national, qui avait elle aussi évoqué ce référendum dans son programme en 2017. Nicolas Dupont-Aignan, François Asselineau ou encore Benoît Hamon, parmi les candidats à la présidentielle, s'étaient prononcés en faveur de l'instauration d'un référendum citoyen. Pour Benoît Hamon, celui-ci aurait pris la forme d'un « 49.3 citoyen », qui aurait permis à « 1 % du Code électoral d'imposer au Parlement d'examiner une proposition de loi ».

La mesure ne figurait pas dans le programme d'Emmanuel Macron lors de sa campagne, le candidat préférant insister sur le renforcement de la représentativité des élus. Le président n'a pas non plus évoqué ce fameux RIC lors de son allocution de lundi dernier, durant laquelle il a annoncé diverses mesures pour tenter de calmer les Gilets jaunes. « Après la crise que nous avons traversée, le président sera, je le pense, disposé à prendre en compte ce genre de demandes, qui ne coûtent rien », veut néanmoins croire Ségolène Royal.