Hollande: "Je vote toujours pour les socialistes. Faut-il encore qu'il y en ait"


Invité de France Inter, l'ex-chef de l'État a donné son point de vue sur les difficultés que traverse son ancien parti, dont la liste est chapeautée par l'essayiste Raphaël Glucksmann.

François Hollande ne fait pas que distribuer les mauvais points vis-à-vis de son successeur, Emmanuel Macron. Il sait le faire, aussi, pour la famille politique qu'il a dirigée pendant plus d'une décennie. Invité de France Inter ce mardi, l'ancien président de la République a offert son diagnostic sur l'état du Parti socialiste, à moins de deux mois des élections européennes. 

Pour qui votera-t-il le 26 mai? "Je vote toujours pour les socialistes. Faut-il encore qu'il y en ait", a répondu François Hollande, qui invite tous les candidats de la liste PS à rejoindre le groupe social-démocrate au Parlement européen.

Groupe social-démocrate

La mise en garde n'a rien d'anodin et vise en particulier l'essayiste Raphaël Glucksmann. Lorsque fut scellée l'alliance PS/Place publique, celui-ci déclarait à la presse que les candidats qui parviendraient à se faire élire seraient "libres de siéger dans le groupe de leur choix".

"J'attends de voir si, notamment Raphaël Glucksmann, s'inscrira au groupe socialiste européen", prévient aujourd'hui François Hollande, qui craint notamment de voir certains plutôt tentés de se rapprocher des écologistes à Bruxelles. 

"Il faut y aller avec son drapeau"

L'ex-locataire de l'Élysée a par ailleurs enjoint ses camarades à "rester eux-mêmes", à "défendre leur propre bilan", "d'avancer avec la foi et la conviction de la justice sociale, l'écologie, l'éducation". S'il dit trouver "normal" de s'ouvrir à des personnalités extérieures au parti, François Hollande estime qu'il faut aller au combat électoral "avec son drapeau". Beaucoup de hiérarques socialistes ont récemment reproché au PS, en s'arrimant à une jeune formation comme Place publique, de faire justement l'inverse.

"Quand on ne croit plus à ce qui a été une grande histoire, et qui doit être encore une idée d'avenir, comment voulez-vous que les électeurs vous rassemblent? Et vous ressemblent? (...) Il faut que les socialistes croient en eux-mêmes", a poursuivi l'ancien chef de l'État.

Et de conclure: "La social-démocratie, le socialisme, il ne doit pas seulement s'incarner autour de visages. Ce sont des idées, c'est une pensée. C'est une méthode."

Va-t-il enfin se taire au lieu de donner ses conseils si peu avisés à ses camarades lui qui a détruit le P.S. lors de ses cinq années au pouvoir et l’ayant précédemment privé de tout sens  après ses dix années comme premier secrétaire et ses éternelles synthèses castratrices…