Raphaël Glucksmann, candide en campagne

 

Les doutes se multiplient contre la tête de liste PS-Place publique aux européennes.

Il a un instant esquissé un pas de danse en s’approchant du micro. Puis fait un « waouh ! », comme s’il ne savait comment commencer son discours en regardant la salle louée à côté du stade Ernest-Wallon à Toulouse. Les applaudissements des quelque 500 sympathisants furent d’abord timides avant de s’emballer. Ce samedi 6 avril, chacun a l’air de se découvrir : Raphaël Glucksmann, un auditoire largement socialiste venu de tout le département, fief du PS, et ce public militant curieux d’entendre l’essayiste qu’il s’est choisi comme tête de liste aux élections européennes. Ce meeting devait être le signal que la campagne est lancée.

Il était temps de montrer que les socialistes allaient à leur tour partir au combat, que le temps des négociations internes comme externes sur la composition de la liste était terminé, car le doute gagne. Il y eut d’abord la prestation ratée de Raphaël Glucksmann lors du débat télévisé de France 2 le 4 avril. Puis les confidences du candidat à ses proches sur le fait qu’il n’était pas fait pour ce type de foire d’empoigne. Jusqu’aux sondages qui baissent : le dernier baromètre Harris pour TF1, LCI, RTL et Le Figaro, réalisé au lendemain du débat du 4 avril, relève une baisse de 1,5 point, à 5,5 %, tandis que tous ses adversaires à gauche progressent. Signe du doute qui s’installe parmi les socialistes : samedi, Carole Delga, présidente de la région Occitanie, pourtant annoncée, n’était pas présente au meeting de Toulouse.

L’essayiste-philosophe « ne parle pas le socialiste couramment », reconnaît Olivier Faure, mais « j’ai dit à Raphaël Glucksmann qu’il ne devait pas nous ressembler, mais nous rassembler ».

Service après-vente

Depuis deux jours, Raphaël Glucksmann tente à sa façon de donner le change. Pas d’états d’âme, jure son entourage : il ira jusqu’au bout.Mais la défaite est au bout du chemin et Ségolène Royal se marre...