"Tombé à 7%, il se rappelle à une gauche qu’il jugeait infréquentable ?" : les partis de gauche dubitatifs après l'appel de Mélenchon

 

Dans une interview au quotidien Libération mercredi, le leader de la France insoumise appelle à créer une "fédération populaire" pour rassembler la gauche autour de son programme. Si les formations de gauche saluent l’appel, elles ne cachent pas leurs doutes sur le rôle qu’il entend se donner.

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Le leader de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, lance mercredi 24 avril un appel à la création d’une fédération populaire dans une interview à Libération. Il veut rassembler la gauche autour de son programme. Les différentes formations politiques de gauche saluent l'appel au rassemblement, mais ironisent sur le rôle que veut se donner Jean-Luc Mélenchon en lançant cet appel dans la presse.

"Mais quel zigzag !"

"À un mois des européennes, Jean-Luc Mélenchon tombe dans les sondages et il nous fait le coup de 'Vive la gauche' ?", tacle Olivier Faure, le Premier secrétaire du PS. "Mais quel zigzag ! poursuit Olivier Faure. Jean-Luc Mélenchon nous a expliqué qu’il ne connaissait plus la gauche mais qu’il ne connaissait plus que le peuple. Et voilà que, tombé à 7 %, il se rappelle à une gauche qu’il jugeait infréquentable."

Je juge positivement cette évolution mais le rassemblement, ça ne peut pas être 'ralliez-vous à mon panache' !

Olivier Faure

Du côté d’EELV, on applaudit aussi la volonté de discuter, mais quand on tient à rassembler, on ne fait pas une interview centrée sur sa personne, assure le porte-parole du parti. À Génération.s, Guillaume Balas, le bras droit de Benoît Hamon, est prêt à discuter mais veut des garanties : "Il est évident que nous ferons partie de cette discussion. Mais avec des exigences sur la question du rapport à l’internationalisme, à l’Europe…" Le président du groupe socialiste au Sénat, Patrick Kanner, va encore plus loin : "Faire des pas vers Jean-Luc Mélenchon qui notamment a un programme fondamentalement anti-européen constitue pour nous un élement rédhibitoire."

La gauche est "en confettis" disent certains, traversée par des forces centrifuges, qui "nous éloigne les uns des autres", assure Patrick Kanner. Le même reconnaît cependant qu’il faudra à un moment donné "trouver une force centrale". Julien Bayou, porte-parole d'EELV, a souligné de son côté qu'il attendait l'invitation directe de Jean-Luc Mélenchon pour que les gauches s'accordent. Et non par le biais de Libération.