Européennes : Ségolène Royal ne donnera pas de consigne de vote, mais…

 

 

L’ancienne candidate PS à la présidentielle ne dira pas d’ici dimanche à quelle liste elle donnera son bulletin. Mais elle fait savoir que le projet européen du chef de l’Etat lui convient bien.

 

Pas question de prendre le risque de briser son image d’icône de la gauche. Ségolène Royal ne prendra finalement pas la parole pour donner une consigne de vote avant les élections européennes ce dimanche. L’ancienne ministre de l’Ecologie assure avoir refusé toutes les propositions d’émissions et interviews à ce sujet et répète à qui veut l’entendre qu’elle ne compte pas divulguer pour qui elle vote dans l’isoloir.

La perspective de sa prise de parole, que les macronistes espéraient pour ce lundi, avait affolé à gauche comme à droite. Au PS, d’aucuns criaient déjà à la trahison de leur ex-candidate de 2007. Et au sein de l’aile droite de la macronie, plusieurs alertaient sur le risque que son soutien public ne fasse fuir une partie des électeurs vers la liste des Républicains menée par François-Xavier Bellamy.

Volontiers bienveillante

Bien qu’elle entende rester silencieuse cette semaine, l’ancienne ministre décerne un satisfecit aux propositions européennes formulées par Emmanuel Macron sur la question de l’écologie dans sa lettre aux Européens publiée en mars, notamment la création d’une banque du climat. Elle constate par ailleurs que, dans un contexte où l’ex-conseiller de Donald Trump Steve Bannon, actuellement à Paris, tente de fédérer les souverainistes européens en apportant son aide à Marine Le Pen, il serait très imprudent de fragiliser les positions en Europe de Macron, avec qui elle se montre volontiers bienveillante.

Au point que son nom est régulièrement évoqué par des proches du chef de l’Etat pour entrer au gouvernement. Ségolène Royal le jure pourtant, elle n’aurait pas négocié de poste de ministre ni de commissaire européen en échange de son soutien public à la liste Renaissance menée par Nathalie Loiseau. « Les malveillances de la vie politique… », maugrée un très proche de l’ancienne ministre de François Hollande.

En somme, un soutien qui ne dit pas son nom. Voilà qui n’arrange pas forcément les affaires des macronistes, qui ambitionnent dans la dernière ligne droite de siphonner un maximum de voix écolos en mettant en avant les figures « vertes » Pascal Canfin et Daniel Cohn-Bendit.

 

Européennes: Ségolène Royal soutient LREM sans le dire

 

L'ancienne ministre a confirmé l'information au "Figaro" tout en refusant de s'expliquer sur ce choix dans un entretien ou lors d'un meeting.

 

 

Par Geoffroy Clavel

C’est un soutien qui ne dit pas son nom. Alors que le quotidien Les Echos annonçait la semaine dernière qu’elle allait prochainement soutenir la liste “Renaissance” de la majorité présidentielle, Ségolène Royal a fait savoir ce lundi 20 mai au Figaro qu’elle confirmait cette information, sans pour autant l’officialiser dans le cadre d’un entretien à la presse ou d’un meeting, comme c’est l’usage.

L’ancienne ministre de François Hollande, qui avait un temps caressé l’ambition de mener une liste d’ouverture à gauche pour ces élections européennes, “juge que son absence de démenti à plusieurs indiscrétions publiées dans la presse suffisent à marquer le coup et à envoyer un signal aux électeurs hésitants, sans avoir à donner une consigne de vote”, écrit Le Figaro sans la citer directement.

Relations complexes avec le PS et LREM

Ségolène Royal entretient des liens complexes avec le PS comme avec La République En Marche. Après avoir soutenu la montée en puissance d’Emmanuel Macron qui l’avait nommée ambassadrice de la négociation internationale pour les pôles, l’ancienne ministre de l’Environnement avait pris ses distances avec le président de la République, envisageant, avant de renoncer, de prendre la tête d’une liste rivale aux européennes.

Depuis, le ton s’était singulièrement radouci, Ségolène Royal saluant un “texte à la fois bienvenu, rassembleur et imaginatif” après la publication d’une tribune européenne sur l’écologie par Emmanuel Macron. D’autres figures socialistes ont apporté leur soutien à la liste défendue par le chef de l’Etat, dont l’ancienne ministre de la Justice Elizabeth Guigou.

“J’ai bien fait” de ne pas faire liste commune, avait réagi sur Europe1 le chef de file écologiste Yannick Jadot, à qui Ségolène Royal avait proposé de faire alliance. “J’ai le nez creux. Les personnes dont l’écologie s’arrête où commence leur ambition personnelle, ce n’est pas ma liste. Je ne fais pas un casting d’addition des popularités. Ce que je veux c’est additionner des combats, des compétences, des convictions”. A l’évidence, elle n’a pas obtenu ce qu’elle voulait auprès de Macron : pas de poste de commissaire européen à la place de Guigou déjà choisie pour cela, pas de soutien pour la Mairie de Paris. Les temps sont durs pour la girouette qui marche donc sur des œufs en cette affaire d’où son pas de deux. Personne ne sera dupe de son opportunisme carriériste….Elle qui aime temps la lumière ne donne auune interview télévisée : quelle frustration…. Et quel aveu….