Le Rassemblement national séduit l’électorat de Mélenchon

 

C’est un signe que l’on n’espérait plus au Rassemblement national. En annonçant son soutien surprise à la liste conduite par Jordan Bardella, le jeune élu régional de La France insoumise Andréa Kotarac a apporté davantage qu’une respiration à Marine Le Pen. Il a conforté sa grille de lecture, inchangée depuis près de dix ans: le RN n’est pas plus de droite que de gauche. Et compterait davantage de réserve de voix chez les électeurs de Jean-Luc Mélenchon que chez ceux de François Fillon au premier tour de la présidentielle.

Sans tout à fait confirmer cette analyse, l’étude réalisée en exclusivité pour Franceinfo et Le Figaro par Odoxa Dentsu Consulting révèle un succès inédit du Rassemblement national chez les sympathisants de La France insoumise: 58 % d’entre eux pensent désormais que le parti de Marine Le Pen doit être considéré comme les autres. Soit trois fois plus qu’il y a quatre ans, au lendemain des élections régionales de 2015. Si seuls 5 % des électeurs du Parti de gauche assuraient avoir «une bonne opinion du RN» il y a quatre ans, près de deux Insoumis sur cinq (36 %) partagent ce sentiment.

 

Des chiffres démontrant que les multiples mains tendues de Marine Le Pen - notamment entre les deux tours de la présidentielle - n’ont pas laissé indifférente la gauche radicale.

Plus largement, le parti nationaliste atteint un niveau de popularité inédit avec 36 % d’opinions positives (contre 12 % en 2011), selon la même étude Odoxa, réalisée les 15 et 16 mai. Un seuil jamais atteint ces dix dernières années, résultant d’une progression du parti lepéniste tant chez l’électorat féminin (36 %) que chez les seniors (27 %). Pour comparaison, le parti LREM bénéficiait de 37 % d’opinions positives selon un précédent sondage Odoxa de mars dernier. Malgré une intense entreprise de «dédiabolisation» menée ces dernières années, 60 % des Français interrogés perçoivent toujours la formation lepéniste comme «ayant des idées racistes». 58 % d’entre eux continuent de le juger «dangereux pour notre économie». Une perception que la chef du Rassemblement national aura tenté de compenser durant cette campagne européenne, en mettant en scène ses alliances avec différents partis en Europe. Une stratégie modérément efficace. 45 % des Français assurent ne pas connaître le ministre de l’Intérieur italien, Matteo Salvini. 41 % en ont une mauvaise opinion.