La «star» Yannick Jadot affiche son «extraordinaire ambition pour l’écologie»

 

Dans une interview, l’eurodéputé écologiste prononce une formule maladroite qui alimente les critiques sur le trop-plein de confiance dont il ferait preuve, depuis sa réussite aux dernières élections européennes et les 13,47% recueillis.

C’est un fruit de saison auquel Yannick Jadot ne goûte que très peu: le melon. Dans une interview diffusée jeudi sur Public Sénat, l’eurodéputé écologiste a prononcé une phrase assez commentée depuis, sur les réseaux sociaux. «Je suis devenu une star parce que j’ai fait ce score-là, je n’ai pas fait ce score-là parce que j’étais une star», s’est-il complimenté. Les réactions n’ont pas tardé, notamment sur Twitter où de nombreux internautes ont moqué le manque de modestie de l’élu.

L’eurodéputé n’a, en réalité, fait que reprendre les éléments de langage de la journaliste qui l’interrogeait sur son statut d’«écologiste star». Mais tout de même: Yannick Jadot aurait-il pris la grosse tête? Sans le savoir, avant même de prononcer la phrase polémique, l’intéressé répondait justement à la question. «Dès que les écologistes ont de l’ambition […], d’un seul coup (ils) auraient le melon», a-t-il grincé. Juste après sa formule controversée, l’élu d’Europe Écologie-Les Verts (EELV) affirmait d’ailleurs avoir «une totale lucidité sur la question de la notoriété».

En baisse dans l’opinion

Les sondages devraient de toute façon lui permettre de garder les pieds sur terre. D’après le baromètre mensuel Elabe pour Les Échos et Radio Classique, Yannick Jadot perd dix places au classement des personnalités politiques en juillet, et rassemble davantage d’opinions négatives (36%, contre 21% de sondés ayant de lui une image positive). Chez les sympathisants de gauche, sa popularité dégringole également de huit points.

Pas de quoi entamer son appétit. Dans la même interview, Yannick Jadot a ainsi affiché son «extraordinaire ambition pour l’écologie». Envisageant même un avenir présidentiel pour son parti. «Il est temps que les écologistes dirigent ce pays», a-t-il avancé, estimant pouvoir atteindre cet objectif sans nécessairement se soumettre à une alliance avec d’autres forces de gauche. «Pendant des années et des années, on a été les supplétifs du Parti socialiste, a-t-il reconnu. Cela n’a ni aidé à lutter contre le dérèglement climatique et à protéger la biodiversité, ni aidé à faire émerger l’écologie.»