Elisabeth Borne : la nouvelle ministre de l'Ecologie, proche de Ségolène Royal ?

Martin Lemaire,

Elisabeth Borne, fraîchement nommée ministre de la Transition écologique, présente un passé commun avec Ségolène Royal, dont elle fut directrice de cabinet... au ministère de l'Ecologie.

Le jeu des chaises musicales a repris au gouvernement, après la démission de François de Rugy du poste de ministre de la Transition écologique. Pour le remplacer, point de nouveau visage mais plutôt du recyclage, serait-on tenter de dire trivialement, puisque c'est Elisabeth Borne, actuelle ministre des Transports, qui va cumuler les deux portefeuilles. Un choix en interne donc, mais pas si anodin ni saugrenu puisque jusque-là, l'ancienne patronne de la RATP était placée sous l'autorité de l'hôtel de Roquelaure, dont les murs abrite d'ailleurs le ministère des Transports. Consciente que sa mission s'élargit considérablement, Elisabeth Borne s'est dit "déterminée à poursuivre ce combat essentiel qu'est la transition écologique et solidaire".

Ce combat, pour reprendre les mots de la double-ministre, ne lui est pas vraiment inconnu. En 2014, cette femme de 58 ans fut nommée directrice de cabinet de Ségolène Royal, alors ministre de l'Ecologie. Un choix venu couronner une bonne relation entretenue entre les deux femmes lorsque Elisabeth Borne, fut, le temps d'une année, préfète de la région Poitou-Charentes. Une région à l'époque présidée... par la candidate à la présidentielle de 2007.

Elisabeth Borne, une "faiseuse d'autoroutes et défaiseuse de rails"

La nouvelle ministre de la Transition écologique, qui n'a pas été nommée ministre d'Etat comme son prédécesseur, est donc bien marquée à gauche. Surtout lorsque l'on sait qu'elle fut conseillère de Lionel Jospin et de Jack Lang à l'Education au début des années 1990. Malgré tout, sa nomination ne fait pas l'unanimité, et ce même à gauche. Adrien Quatennens, député La France insoumise, s'est désolé de constater que selon lui, "l'inconséquence écologique résistera à la démission de François De Rugy", comparant Elisabeth Borne à une "faiseuse d'autoroutes et défaiseuse de rails".

Chez les écolos, on fait également grise mine. "Borne nommée ministre de l'écologie. Elle n'est pas ministre d'Etat. Une ministre des transports qui a accompagné le déclin des petites lignes et la réduction du fret ferroviaire", écrit Julien Bayou, le porte-parole d'EELV, quand le directeur-général de Greenpeace s'inquiète de l'absence de titre de ministre d'Etat pour la polytechnicienne, un "signal préoccupant" selon Jean-François Julliard.