Le logement à « loyer libre » de Sophia Chikirou

INFO LE POINT. L'ex-directrice de communication de Jean-Luc Mélenchon occupe un appartement parisien géré par Élogie-Siemp et conventionné en 2016.

Par Hugo Domenach et Marc Leplongeon

 

Comme Danielle Simonnet, conseillère municipale de Paris et membre du Parti de gauche (PG) et de La France insoumise (FI), Sophia Chikirou, l'ex-directrice de communication de Jean-Luc Mélenchon, occupe un logement à « loyer libre » dans le 20e arrondissement de la capitale. Selon nos informations, la patronne de Mediascop, société qui avait dégagé en 2016 un bénéfice net de 76 550 euros après impôts selon nos confrères de Radio France, habite un deux-pièces contre un loyer de 808 euros par mois.

Cet appartement à « loyer libre », géré par Élogie-Siemp, ne peut à proprement parler être qualifié de « logement social ». Il s'agit d'une infime partie du parc HLM de la capitale, qui compte près de 240 000 logements. L'appartement dont bénéficie Sophia Chikirou fait partie des quelques milliers de biens aux loyers inférieurs au prix du marché à avoir été attribués sans condition de ressources pendant des années. C'est ainsi que de nombreux ménages, aux revenus confortables, occupent des appartements sans même être passés par des commissions d'attribution.

Des logements en passe d'être conventionnés

En 2014, Le Monde nous apprenait ainsi que Jérôme Chodron de Courcel, le frère de Bernadette Chirac, occupait un tel logement dans le 4e arrondissement de Paris depuis… 1984. De même pour Fadela Amara, secrétaire d'État à la Ville sous Nicolas Sarkozy, comme l'avait révélé Le Canard enchaîné. Tous ces logements sont en train d'être conventionnés pour les faire entrer dans le parc de logements sociaux de la capitale.

Afin de « moraliser » le parc public, l'immeuble où est situé l'appartement de Sophia Chikirou a été conventionné en 2016 par le Conseil de Paris, comme des centaines d'autres. Des travaux doivent commencer sous peu. Lorsque ces derniers seront terminés, le conventionnement sera effectif, et les services pourront avoir une transparence sur les revenus des locataires grâce à une enquête de ressources annuelles. Des surloyers pourront alors être appliqués.

Chikirou « pas responsable du montant du loyer »

Contactée, Sophia Chikirou nous a renvoyés vers son avocat. Me Marais nous fait savoir que nos informations « sont manipulées » et précise que sa cliente n'a « aucun mandat d'élu ou de fonction publique ». « Madame Chikirou n'a jamais bénéficié d'un quelconque passe-droit ou prix non équivalent aux autres locataires ; du reste, elle n'est pas responsable du montant du loyer », ajoute-t-il.

Le 15 octobre 2017, Sophia Chikirou avait vivement réagi à un tweet de la maire de Paris, Anne Hidalgo, qui assurait que l'accès au logement social était « crucial » à Paris et qu'il n'était « pas normal que Raquel Garrido et Alexis Corbière vivent encore dans un HLM ». « Connaissez-vous les revenus de Garrido-Corbière  ? Leur situation les met-elle en dehors du barème des revenus ? » avait répondu, agacée, l'ex-directrice de communication de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon.

Relever les plafonds d'accès au logement social

« J'occupe un logement à loyer libre non conventionné. Je n'ai pas d'héritage familial et les élus sont des citoyens comme les autres avec les mêmes droits », s'était quant à elle défendue Danielle Simonnet, précisant ne pas vouloir « enrichir un propriétaire privé et participer à la spéculation immobilière ».

La ligne de La France insoumise (FI) est en tout cas très claire. Dans le programme présidentiel de Jean-Luc Mélenchon figurait ainsi cette proposition de relever les plafonds d'accès au logement social de manière à permettre son « accès à de larges secteurs de la population et œuvres pour la mixité sociale ».