Jean-Luc Mélenchon ne veut plus de l’émission « Quotidien » à ses réunions ou déplacements

 

« Le parti médiatique est une composante clé du processus de la guerre judiciaire », a-t-il dit sur l’émission de TMC.

« Quotidien » refoulé par les « insoumis ». Jean-Luc Mélenchon, chef de La France insoumise (LFI), a écrit dimanche 22 septembre sur son blog que l’émission de TMC ne se verrait plus attribuer d’accréditation pour ses événements. Le député des Bouches-du-Rhône accuse l’émission d’avoir permis un procès qu’il qualifie de « politique », qui s’est déroulé à Bobigny jeudi et vendredi.

 « Sans Quotidien il n’y a pas de procès possible contre nous », écrit M. Mélenchon, selon qui « seules les images montées et accommodées que l’émission a publiées il y a bientôt un an servent d’arguments et de preuves” ».

« En dix ans d’expérience de cette émission dite de divertissement, j’ai fait mon expérience. Je ne veux plus que cette émission soit accréditée à mes réunions, ni à aucun de mes déplacements. Attention, le parti médiatique est une composante clé du processus de la guerre judiciaire : il intervient en amont pour déclencher les enquêtes, faire les signalements, harceler l’opinion et en fin de parcours pour la propagande de mise à mort. »

« Ils se sont mis dans cette position, dans un camp, en bagarre officielle, ouverte avec LFI », a insisté lundi une source dans l’entourage de M. Mélenchon.

Cette exclusion a été évoquée très brièvement dans « Quotidien » lundi soir. « Dans la série on blackliste les journalistes », LFI « rejoint donc la Manif pour tous et le Rassemblement national », a relevé le journaliste Azzeddine Ahmed-Chaouch.

Jugement le 9 décembre

Avant et pendant les débats de jeudi et vendredi au tribunal de Bobigny, les « insoumis » ont affirmé être victimes d’un « procès politique » diligenté par le pouvoir, faisant un parallèle avec les situations d’autres opposants dans le monde.

La première matinée d’audience a été en majorité consacrée au visionnage des images de « Quotidien ». On y voit notamment M. Mélenchon appeler à « enfoncer la porte » pour entrer dans les locaux perquisitionnés, et bousculer un représentant du parquet, ainsi qu’un policier qui tentait de s’interposer.

Le parquet a requis, vendredi, trois mois de prison avec sursis contre Jean-Luc Mélenchon pour les incidents ayant émaillé la perquisition d’octobre 2018 au siège de LFI. Le jugement a été mis en délibéré au 9 décembre.

Poursuivi pour « actes d’intimidation envers un magistrat et un dépositaire de l’autorité publique, rébellion et provocation », M. Mélenchon encourt jusqu’à dix ans de prison, une amende de 150 000 euros et cinq ans d’inéligibilité.