Yannick Jadot : à Lyon, jamais avec Collomb

Après 18 ans de collaboration, les écologistes excluent de s'allier à Gérard Collomb. En cause, son passage au gouvernement et sa proximité avec Macron.

 

 

Les écologistes seront-ils les arbitres des élections municipales et métropolitaines à Lyon ? L'eurodéputé Yannick Jadot, leader d'Europe Écologie-Les Verts (EELV), n'en doute pas. Mieux encore, il pense que son parti a une chance de l'emporter : « À Lyon, on peut gagner ! » estime-t-il. Aussi, cette année, s'appuyant sur les bons résultats des européennes (20 % pour EELV dans la métropole lyonnaise), lancera-t-il des listes autonomes.

À Lyon, comme dans de nombreuses villes de France, d'ailleurs. « Notre objectif est de gagner de nouvelles communes, des villages comme de grandes agglomérations. On va se donner tous les moyens de gagner. » Mais pour conquérir des communes, il faut des candidats, et Yannick Jadot a lancé depuis Lyon un appel national à candidature. « Je lance un appel dans toutes les communes de France. Il nous faut 600 000 conseillers municipaux. C'est plus que notre nombre de militants… » reconnaît-il modestement.

14 listes à choisir

Entre Rhône et Saône, son parti devra monter neuf listes, une dans chaque arrondissement de la ville. Et désigner un chef de file d'ici au 12 septembre. À la métropole, ce seront 14 listes et leur leader à choisir d'ici novembre. « Et ce n'est qu'au deuxième tour qu'un rassemblement sera envisagé », a annoncé le leader des Verts. Avec Gérard Collomb ? Le maire de Lyon choie depuis 2001 les écologistes, qu'il associe depuis près de vingt ans à ses exécutifs et qui ne lui ont jamais fait défaut.

Pourtant, cette année, l'affaire semble nettement plus compliquée. « Pas avec Gérard Collomb ! » assène haut et fort Yannick Jadot. Pourquoi cette défiance soudaine vis-à-vis du maire de Lyon ? « Parce que c'est un ancien ministre de La République en marche et que ce gouvernement fait des reculs permanents sur l'écologie malgré un virage écologiste affiché par le président de la République. » Le ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume, « dont les positions sidèrent tous les jours les écologistes », agit lui aussi comme un repoussoir.

À Lyon, pas de rapprochement possible, donc, entre les écologistes et Gérard Collomb. Et avec David Kimelfeld, qui gère lui aussi la métropole de Lyon avec les écologistes et lui dispute l'investiture de La République en marche ? Manifestement pas davantage. « On ne repartira pas avec David Kimelfeld ! » assure Pierre Hémon, membre EELV de l'exécutif de David Kimelfeld. « Nous sommes à un carrefour, il y a urgence à renverser la donne à dix ou douze ans. Si on continue comme aujourd'hui, on en a pour 150 ans. »