La France insoumise veut enjamber les élections municipales

 

 

La formation de Jean-Luc Mélenchon, refroidie par ses résultats aux élections européennes, se fait discrète en vue du scrutin de mars.

Par Abel Mestre  

Même les formations politiques à la parole la plus tonitruante peuvent faire preuve d’une discrétion de violette. La France insoumise (LFI) en est le parfait exemple. Alors que le mouvement populiste de gauche avait habitué les Français à être omniprésent et à faire des campagnes électorales longues, les « insoumis » semblent avoir remisé leurs drapeaux au placard pour les élections municipales de mars 2020.

Pourtant, à l’issue de la séquence présidentielle et législative de 2017, les caciques de LFI cachaient à peine leurs ambitions : à eux certaines grandes villes (ils rêvaient de ravir Lille ou Marseille), mais aussi les bastions communistes en banlieue parisienne. Ce à quoi il fallait ajouter quelques scénarios surprises dans les villes moyennes.

Quasiment pas d’élus municipaux

Deux ans après, les prétentions sont bien moindres. La ­conquête de municipalités semble être devenue une chimère. L’attitude générale est moins arrogante et surtout plus pragmatique.

Il faut dire que les élections européennes sont passées par là : avec un peu plus de 6 % des suffrages, il est difficile pour LFI de lancer une dynamique d’autant plus qu’elle ne compte quasiment pas d’élus municipaux. Dans le même temps, la structure « gazeuse » du mouvement, qui repose en grande partie sur les groupes locaux, montrait toutes ses limites. Certains groupes étant actifs et implantés quand d’autres sont spectraux.

« C’est une élection difficile pour une formation jeune comme la nôtre. »

Le député européen Manuel Bompard confirme : « C’est une élection difficile pour une formation jeune comme la nôtre. On est lucide sur cela. Nous avons une poignée de conseillers municipaux. On ne peut pas rattraper les formations qui sont implantées depuis plusieurs décennies. »