Sur Extinction Rébellion, Ségolène Royal "délire complètement"

 

 

Quelques centaines de militants écologistes d’Extinction Rebellion ont bloqué ce lundi 7 octobre un pont sur la Seine et un quai très fréquenté de Paris.

EXTINCTION RÉBELLION - Une “méconnaissance totale du mouvement”? Quelques centaines de militants écologistes d’Extinction Rebellion (XR) ont bloqué ce lundi 7 octobre un pont sur la Seine et un quai très fréquenté de Paris, au premier jour d’une série d’actions dans le monde entier. À cette occasion, Le HuffPost s’est entretenu avec plusieurs militants surpris, voire énervés par la déclaration de Ségolène Royal qui a demandé que l’on “réprime très rapidement” ce “groupe violent”

En effet, ce lundi matin, l’ancienne ministre de l’Écologie a expliqué sur France Inter que ces formes de militantisme n’étaient “absolument pas” légitimes et qu’“il y a une instrumentalisation de l’écologie par ces groupes violents”. “Il faut les réprimer très rapidement, parce que c’est une dégradation de l’image de l’écologie”, a-t-elle assuré. 

Perplexes, des militants pointent du doigt une “méconnaissance” de l’ancienne ministre sur l’essence du mouvement qui prône la désobéissance civile non-violente contre l’inaction climatique, comme vous pouvez le voir dans notre vidéo en tête d’article.

La non-violence, “l’ADN de XR”

“On respecte le point de vue de Ségolène Royal qui a été ministre de l’Écologie, mais à mon avis elle ne connaît pas forcément bien Extinction Rébellion qui est un mouvement non violent et qui poursuit, selon moi, les mêmes objectifs que Ségolène Royal, mais avec des modalités différentes [...] Si elle se renseignait sur nous, elle changerait probablement d’avis”, nous assure un militant qui a choisi de garder l’anonymat. 

“Elle délire complètement la Ségolène, renchérit une autre militante. C’est un groupe très organisé qui a anticipé ce genre de choses parce qu’on sait très bien qu’ils attendent tous ça, qu’on soit violents pour qu’on perde toute notre crédibilité. Je sais pas si elle cherche à nous démonter, mais elle se trompe”.

Un autre militant assène encore: “Je la trouve complètement hors-service parce que l’une des bases d’Extinction Rébellion c’est la non-violence. C’est l’ADN du mouvement et c’est une condition que tout le monde accepte, c’est même la première condition qu’il faut avoir en tête pour rentrer dans le mouvement [...] Cela prouve soit une incompétence, soit une méconnaissance totale de ce qu’est Extinction Rébellion et ce que veut le mouvement”.

“Ici on se rebelle”, “Ici on joue”

Les manifestants ont déployé vers 15h30 des bottes de paille en travers du quai de la Mégisserie à Paris puis se sont assis sur la chaussée, bloquant la place du Châtelet et le pont au Change qui mène vers l’île de la Cité, tout près de la préfecture de police.

“Ici on se rebelle”, “Ici on joue”, pouvait-on lire sur des banderoles déroulées sur le pont, où trônait également un bateau bleu aux voiles frappées du logo reconnaissable de XR, un sablier stylisé à l’intérieur d’un cercle. 

Les “anges gardiens” en veste orange du mouvement, chargés de maintenir le calme, ont pris place entre les manifestants assis par terre et les forces de l’ordre bloquant l’accès à la rue du Palais de justice.

Extinction Rebellion, tout jeune mouvement né il y a un an au Royaume-Uni, prévoit des actions tous les jours à partir de lundi dans 60 villes du monde, notamment Londres où les militants veulent bloquer le centre ville pendant deux semaines. A Paris, ils avaient anticipé cet événement mondial en occupant pendant 17 heures le week-end dernier le centre commercial Italie 2