Ruffin tacle Mélenchon et la marche contre l’islamophobie : «Le dimanche, je joue au foot»

 

François Ruffin a décidé de ne pas écouter l’appel signé et soutenu par Jean-Luc Mélenchon pour manifester, ce dimanche, contre l’islamophobie.« J’ai football », a-t-il expliqué.

Signe de l’embarras que suscite, en interne, l’appel relayé par Jean-Luc Mélenchon en faveur de la marche contre l’islamophobie prévue ce dimanche 10 novembre à Paris, François Ruffin qui n’en est pas à sa première prise de distance vis-à-vis du chef, a annoncé ce mercredi qu’il ne participera pas à cette manifestation controversée.

« Pas mon truc », a indiqué le député de la Somme, en précisant que dimanche prochain, comme tous les dimanches, il a autre chose à faire, jouer au football précisément.

Il a pourtant signé l’appel

Son nom et sa signature figurent pourtant sur l’appel pour dire « Stop à l’islamophobie » auquel une cinquantaine de personnalités, majoritairement de gauche, ont apporté leur soutien. Parmi elles, Yannick Jadot (EELV) et la sénatrice écologiste Esther Benbassa, Benoît Hamon (Génération. s),

 

Sur Inter, Ruffin n’assume pas sa signature de l’appel controversé contre l’islamophobie (il l’aurait signé distraitement : « Je mangeais des gaufres avec mes enfants ») et explique qu'il n'ira pas à la manif dimanche : "Pas mon truc. Je joue au foot, comme tous les dimanches"

 

« J’étais distrait, je mangeais des gaufres »

Pris en flagrant délit de rétropédalage, Ruffin s’est justifié en prétextant la négligence : « J’étais à Bruxelles, distrait, je mangeais des frites et des gaufres avec mes enfants.J’étais en vacances ».A l’en croire, le parlementaire de la France insoumise aurait donc paraphé ce document sans vraiment se préoccuper de son contenu…

Cette contradiction en rappelle une autre : le 21 novembre 2015, après les attentats de Paris, Jean-Luc Mélenchon avait déclaré ceci : « Je conteste le terme d’islamophobie quoique je le comprenne. Ce sont les musulmans qui pensent qu’on leur en veut parce qu’ils sont musulmans. Moi, je défends l’idée qu’on a le droit de ne pas aimer l’islam, on a le droit de ne pas aimer la religion catholique et que cela fait partie de nos libertés ». On voit ce qu’il en reste quatre ans plus tard…

Ce dimanche, il défilera notamment aux côtés de représentants du Collectif contre l’islamophobie en France. Alexis Corbière, un autre Insoumis, lui emboîtera le pas, nonobstant la présence du très controversé CCIF à la manifestation.Comme François Ruffin, le député LFI de Seine-Saint-Denis, se serait lui aussi laissé distraire, croyant, a-t-il expliqué, que la Ligue des droits de l’homme était à l’initiative.Décidemment… 

Le Parti socialiste n’en sera pas

Réuni ce mardi soir pour acter la position officielle du parti à l’égard de l’appel contre l’islamophobie, le Bureau national du PS a fait le choix de ne pas participer à la manifestation prévue ce dimanche à Paris.Plusieurs raisons ont conduit à cette décision qui marque la division de la gauche sur ce délicat sujet.
« Nous ne voulons pas nous associer à certains initiateurs de l’appel », ont expliqué les membres du BN dans un communiqué.Il n’est pas cité, mais c’est bien au Collectif contre l’islamophobie en France que pensent les socialistes.Prudent, le PS – comme certains écologistes – prend ostensiblement leurs distances avec une manifestation où bruissera le discours du CCIF, et ceci à deux jours de l’anniversaire du massacre du Bataclan.
Les socialistes ont également indiqué « ne pas se reconnaître » dans le mot d’ordre lancé le 1er novembre dernier dans les colonnes de « Libération ».Hostile à l’idée que « des lois liberticides sont votées depuis des années, la direction du PS n’est pas davantage d’accord avec la théorie selon laquelle « les lois laïques en vigueur en France sont des lois liberticides ».

  

Lionel Laparade