Marche contre l'islamophobie : Jean-Luc Mélenchon "persiste et signe" malgré la gêne à gauche

 

Le PS, Yannick Jadot (EELV) ou encore François Ruffin (LFI), ont refusé de participer à la marche, ou ont préféré relativiser leur soutien initial.

 

Alors que plusieurs formations et personnalités de gauche ont pris leurs distances avec la marche polémique contre l'islamophobie organisée dimanche à Paris, le chef de file de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon "persiste et signe" dans son soutien, sans préciser s'il s'y rendra.

Les termes utilisés et l'identité de certains initiateurs de l'appel publié dans Libération le 1er novembre a conduit une partie de la gauche à ne pas s'y associer - le PS, le PRG, le patron du PCF Fabien Roussel... - et une autre à relativiser son soutien initial, comme l'eurodéputé EELV Yannick Jadot et le député LFI François Ruffin.

"Je persiste et signe", écrit le patron des députés LFI, tous signataires de l'appel, dans un billet de blog jeudi destiné à clarifier sa position alors qu'a été exhumé depuis quelques jours un de ses tweets de 2015, dans lequel il se disait contre le terme "islamophobie" .

"HAINE DES MUSULMANS"

"Certes, 'islamophobe' est un mot que nous n'aimons pas, nous préférons combattre la 'haine des musulmans'", déclare-t-il.

"Je signe un texte pour ce qu'il y a dans le texte et pas en raison de ceux dont je découvre ensuite qu'ils l'ont également signé", ajoute-t-il, en allusion notamment au controversé Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF), soupçonné de liens avec les Frères musulmans , qui prônent l'islam politique. "Sinon je n'aurais jamais signé de texte dans le passé avec Bernard Henri-Lévy ni avec le CRIF", argumente Jean-Luc Mélenchon.

"On fait avec ce qu'on a", "il faut savoir faire bloc quand l'essentiel est en jeu" , quand "des apprentis sorciers veulent spéculer sur la haine des musulmans ou la stigmatisation permanente à leur égard", résume-t-il.

"LOIS LIBERTICIDES"

Le terme "lois liberticides" envers les musulmans, relevé par les détracteurs du texte, est légitime pour M. Mélenchon, qui cite "les lois sur l'état d'urgence qui permettent tous les abus ou celle du Sénat contre le seul voile des parents accompagnatrices bénévoles de sorties scolaires".

"La laïcité n'est pas le fouet des maîtres mais l'appel des opprimés", affirme M. Mélenchon. Pour lui, la religion peut "aussi ne pas être qu'une drogue qui annule la volonté d'agir pour changer le monde mais parfois l'exact contraire", à l'image "de la 'théologie de la Libération' en Amérique latine".

Parmi les signataires de l'appel se trouvent le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez, le secrétaire national d'EELV David Cormand ou encore le fondateur de Générations Benoît Hamon.