Voile : Royal et Hollande ne sont pas d'accord

 

Dimanche 3 novembre, les deux poids lourds du socialisme ont, chacun de leur côté, évoqué l'épineux sujet du voile islamique.

S'ils partagent une histoire - politique et sentimentale - commune, François Hollande et Ségolène Royal n'ont pas l'air raccord sur un sujet au moins. Dimanche 3 novembre, interviewés séparément par BFM TV, l'ancien président et sa ministre de l'Écologie ont proposé deux avis distincts sur le sort à réserver au voile lorsqu'il est arboré par une mère de famille accompagnatrice de sorties scolaires.

« Une sortie scolaire, ça fait partie de l'école »

« On est libre d’afficher des signes religieux dans l’espace public à condition que ça ne trouble pas l’ordre public. C’est la loi », a estimé l'ex-chef de l'État, ajoutant : « À l’école, pas de signes religieux (...) Quand une personne vient cagoulée ou avec une burqa dans la rue, c’est interdit. »

Ségolène Royal, de son côté, a d'abord tenu à effectuer un distinguo sur le sujet, expliquant que « si, par manque de respect à l'égard de ces femmes, on interprète chaque foulard discret comme une provocation religieuse, c'est dangereux. » « Et par ailleurs, je préfère une maman qui porte le foulard et élève bien son enfant, dans le respect des lois de la République, et qui le pousse à la réussite scolaire ; qu'une maman qui va être exclue de la sortie scolaire », a-t-elle poursuivi, avant d'admettre n’être « pas du tout choquée qu'on puisse réglementer et légiférer comme le Sénat l'a fait. » « Le vote par le Sénat de la continuité des sorties scolaires par rapport à l'école ne me choque pas. Une sortie scolaire, ça fait partie de l'école. Il ne faut pas de provocation religieuse ou de voile religieux dans la sortie scolaire, mais je pense qu'il faut laisser aux écoles une liberté », a précisé l'ambassadrice des pôles arctiques et antarctiques pour la France.